
La montée de l’extrême droite en Europe et aux États-Unis fait partie des préoccupations largement évoquées parmi les manifestantes et manifestants présents ce samedi 8 mars dans les rues de Lorient (Morbihan) pour la journée internationale des droits des femmes.
Par Gaëlle LUCAS.
Environ 500 personnes ont défilé samedi 8 mars après-midi dans les rues de Lorient (Morbihan) à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. À l’appel de plusieurs collectifs, partis politiques et syndicats locaux, comme Nous Toutes, Les Écologistes, la Cimade, le PCF, la CGT, ou encore le planning familial.
« Nous sommes fortes, nous sommes fières et féministes et radicales », ont-elles scandé à plusieurs reprises. Parmi elles, des femmes, des personnes non binaires, des hommes et des enfants, ont défilé joyeusement, brandissant pancartes laissant la part belle à l’humour et aux provocations facétieuses.
« Ça fait du bien de voir qu’on n’est pas seules », sourit Stéphanie, venue avec son conjoint, Daniel. Pourtant, pour la plupart des personnes interrogées, la situation ne prête pas à rire : « On est en mode colère », déclare Abby qui est quant à elle venue dénoncer une « justice gangrenée par le patriarcat ».
Extrême droite et masculinisme
Une semaine après la manifestation antifasciste qui avait réuni 1 800 personnes et avait été troublée par des heurts et des dégradations, le principal sujet de préoccupation est, une fois encore, la montée de l’extrême droite : « C’est important de se mobiliser face au fascisme qui menace les droits des femmes et des minorités de genre. Tout ce qui se passe aux États-Unis et en Europe de l’Est est en train d’arriver en France », s’inquiète Lola, qui se fait aussi appeler Oscar. Juliette, venue avec sa mère et une amie, abonde : « On est inquiète pour eux, elles et iels aux États-Unis et on craint que ça se propage ici. »
Morgane, qui l’accompagne, voit dans le courant masculiniste, corollaire de l’extrême droite, un autre motif de préoccupation : « il ne faut pas que la pensée viriliste devienne une normalité ».
Lire aussi : 8-Mars : 120 000 manifestants à Paris, 250 000 en France, selon le collectif organisateur
Droits des personnes transgenres
Les droits des membres de la communauté LGBT + ont aussi souvent été évoqués, alors qu’aux États-Unis, Donald Trump a multiplié les mesures hostiles aux personnes transgenres depuis son arrivée au pouvoir en janvier dernier : « Le patriarcat oppresse les femmes mais aussi les minorités de genre », rappelle Lily Borea. « Cette année, on a vu arriver des organisations LGBT car les attaques de l’extrême droite sont très ciblées contre les personnes trans ces derniers temps », témoigne Julien, qui a tenu le stand de la CGT au sein du village associatif organisé place Paul-Bert, pour favoriser les échanges et faire connaître les collectifs féministes du Pays de Lorient.
Nessim, 15 ans, qui reconnaît s’être rendu à la manifestation « parce qu’une amie [l’y a] entraîné », s’interroge et analyse : « Pourquoi devrait-il y avoir des différences entre les genres alors que ce ne sont finalement que des constructions sociales ? Donc rien n’est contre-nature, seulement, éventuellement, contre-culture. Et il n’y a pas de raison qu’une moitié de l’humanité soit inférieure à l’autre pour des raisons artificielles. »
°°°
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/8-mars-500-personnes-defilent-pour-les-droits-des-femmes-a-lorient-of-fr-8-03-25/