Polluants éternels, prix de l’essence… Les changements écolos (ou pas) en 2026 (reporterre-1er/01/26)

Les polluants éternels sont désormais interdits dans les textiles et les cosmétiques. Ici, lors d’un rassemblement à Lyon, le 16 février 2025. – © Elsa Biyick / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Prix de l’essence, polluants éternels dans les vêtements et cosmétiques, aides à la rénovation énergétique… Le point sur cinq nouveautés de la nouvelle année pour les consommateurs.

Par Benjamin DOURIEZ.

1. Quelques centimes de plus à la pompe

Faire le plein devrait coûter un peu plus cher en ce début d’année : une hausse de l’ordre de 4 à 6 centimes par litre de carburant est attendue, selon Ufip Énergies et Mobilités, le syndicat professionnel du secteur pétrolier. C’est la répercussion de l’alourdissement des obligations en matière de certificats d’économie d’énergie (CEE), auxquelles sont soumis les distributeurs de carburants.

Un mal pour un bien ? L’argent des CEE vient alimenter des aides distribuées en faveur de la transition énergétique : rénovation thermique des logements, mobilité verte… Le dispositif est toutefois l’objet de critiques récurrentes pour son opacité et les fraudes qu’il suscite.

2. Fini les polluants éternels dans les textiles et les cosmétiques

Elles sont connues sous l’acronyme de PFAS. Les substances per- et polyfluoroalkylées, très persistantes, s’accumulent dans l’environnement et les organismes. Elles sont désormais interdites dans trois familles de produits grand public :

  • les vêtements et chaussures ; ces substances y étaient utilisées pour leurs propriétés imperméabilisantes, déperlantes ou antitaches ;
  • les produits de maquillage et autres cosmétiques, qui avaient recours à des PFAS par exemple, pour mieux résister à l’eau ;
  • et les farts de ski, qui facilitent l’adhésion sur la neige.

L’interdiction vaut autant pour les articles fabriqués en France que pour les importations. Toutefois, les exemplaires fabriqués avant début 2026 peuvent encore être écoulés jusqu’à la fin de l’année, selon le décret publié au Journal officiel du 30 décembre.

3. Un diagnostic énergétique assoupli

Les logements chauffés à l’électricité (radiateurs électriques ou pompes à chaleur) sont mieux notés sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) à partir du 1er janvier 2026. Le gouvernement a modifié le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans la formule de calcul (de 2,3 à 1,9) : il estimait l’ancienne valeur trop défavorable à l’électricité, pourtant produite de façon décarbonée.

Par ricochet, la mesure doit rendre les aides plus faciles d’accès aux ménages abandonnant le gaz ou le fioul pour une pompe à chaleur. Mais le changement aura une autre conséquence : certains logements chauffés à l’électricité sortiront artificiellement du statut de passoires thermiques, sans pour autant être mieux isolés ou moins chers à chauffer. Ils échapperont ainsi à l’interdiction de mise en location, qui s’applique aux logements classés G depuis début 2025 et classés F à partir de 2028.

4. Le prix de l’électricité calculé autrement

Rien de visible dans l’immédiat sur les factures d’électricité. Pourtant, la méthode de fixation des tarifs réglementés de l’électricité, payés par plus de la moitié des Français, est modifiée en ce début d’année. La nouvelle régulation de la production nucléaire va exposer ce tarif à la volatilité des marchés internationaux de l’énergie, ont dénoncé les associations de consommateurs. Pour l’instant, les cours sur les marchés sont sages, ce qui rend le changement indolore pour les consommateurs. Mais jusqu’à quand ? L’UFC-Que choisir redoute une future flambée des factures.

5. MaPrimeRénov’ suspendue

Depuis le 31 décembre à midi, il n’est plus possible de déposer un dossier pour obtenir MaPrimeRénov’. Le guichet des aides à la rénovation énergétique est fermé, faute d’adoption de loi de finances pour 2026 en bonne et due forme. La réattribution des subventions est soumise à l’issue des discussions budgétaires au Parlement en début d’année. En revanche, les demandes validées mais pas payées avant fin 2025 pourront bien aboutir : en effet, « la réglementation s’applique à la date du dépôt du dossier », précise le site officiel.

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Source: https://reporterre.net/Polluants-eternels-prix-de-l-essence-Les-changements-ecolos-ou-pas-en-2026

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