
Après 24 heures de mobilisation à Paris contre l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, les tracteurs des syndicats très droitiers de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs ont quitté l’Assemblée nationale. Cette décision intervient après l’annonce du premier ministre, qui assure qu’un projet de loi d’urgence agricole sera examiné au Parlement avant l’été. De leur côté, la Confédération paysanne et le MODEF appellent à poursuivre la mobilisation.
Par la rédaction de L’Humanité.
Alors que la signature du traité de libre-échange entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur est prévue samedi 17 janvier au Paraguay, les tracteurs aux couleurs des syndicats très droitiers de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs ont quitté l’Assemblée ce mercredi 14 janvier avant le lever du jour, après 24 heures de mobilisation à Paris.
La veille, lors de la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait promis la présentation d’un « projet de loi d’urgence » agricole autour de plusieurs priorités (eau, prédation et moyens de production) qui serait « inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars » avant d’être ensuite « examiné par le Parlement avant l’été ». Point pour point les exigences de la productiviste FNSEA.
À l’inverse, la Confédération paysanne et la Confédération Syndicale Agricole des Exploitants Familiaux (MODEF) appellent à poursuivre la mobilisation. Via un communiqué publié mardi 13 janvier, le MODEF appelle « à une action nationale et intersyndicale dans les prochains jours ». Et prévient qu’il « ne veut pas que la « loi d’urgence agricole » soit écrite par la FNSEA comme la loi DUPLOMB et la Loi d’Orientation Agricole (LOA) ». La Confédération paysanne, elle aussi vent debout contre « la cogestion FNSEA/gouvernement, un « perdant-perdant » pour l’immense majorité des paysan·nes, éleveur·euses en tête », affirme également : « Nous ne comptons pas en rester là. Nous irons arracher des mesures pour les paysan·nes et les éleveur·euses. »
Une semaine de mobilisations et d’actions coups de poing
Mardi 13 janvier, les tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs sont arrivés du Nord, de l’Eure-et-Loir, du Loiret et des départements de la grande couronne parisienne, a précisé la préfecture de police. Ils ont été escortés par la police, et ont avancé en direction du quai d’Orsay où ils doivent se rassembler, selon l’Agence France-Presse. Certains ont même prévu matelas et duvets pour prolonger la journée de mobilisation, indique l’AFP. L’action a eu lieu à l’initiative de la FNSEA Grand bassin parisien, une entité englobant l’Île-de-France et des départements de régions voisines.
Le responsable du syndicat pour la région, Damien Greffin, a indiqué à ses troupes : « La révolte paysanne redémarre aujourd’hui et nous resterons ici jusqu’à ce qu’on ait des réponses. On demande à être reçus par le Premier ministre. On ne bougera pas d’ici tant qu’on n’aura pas été reçus et entendus ».
Cette action intervient après plus d’une semaine de mobilisations et d’actions coups de poing contre l’accord UE-Mercosur et la gestion de la Dermatose nodulaire contagieuse. Le dépôt pétrolier de La Pallice à La Rochelle était encore bloqué mardi matin. La veille, un barrage de ballots de paille y avait été établi, à l’appel de la Coordination rurale de Charente-Maritime. D’autres manifestants avaient annoncé bloquer le site céréalier Maïsica sur le port de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), action menée par la Confédération paysanne, le Modef et le syndicat basque ELB en dépit d’une interdiction de rassemblement annoncée par la préfecture.
Et la Confédération paysanne et les Soulèvements de la Terre l’avaient affirmé dans un communiqué : « Nous allons continuer à nous mobiliser contre les conséquences de l’accord UE-MERCOSUR et les politiques sanitaires actuelles, pour vivre de l’agriculture et pas en mourir ! ».
Par ailleurs, les agriculteurs qui tenaient le barrage de l’A64 près de Carbonne en Haute-Garonne ont annoncé, mardi 13 janvier, mettre fin à cette action. « On va lever le barrage », ont déclaré à l’AFP Benjamin Asna et Bertrand Loup, tous deux responsables des « Ultras de l’A64 », sur place depuis le 12 décembre.
Des dizaines de gendarmes en tenue anti-émeute, aidés de véhicules Centaure, ont été déployés à partir de 4 heures du matin mardi, maintenant la presse à l’écart du barrage, a constaté un journaliste de l’AFP, tandis qu’un photographe et un JRI de l’Agence ont été évacués d’un pont surplombant le barrage puis d’une rue permettant de visualiser le rassemblement. « On ne veut pas d’affrontement avec les gendarmes, mais on résiste », avait déclaré plus tôt Bertrand Loup, sur le barrage avec une cinquantaine d’agriculteurs.
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