
Au conseil de Brest Métropole (Finistère), ce mardi 30 juin 2026, l’opposition n’a pas manqué de se faire entendre, sur deux délibérations concernant RATP Dev, qui exploite le réseau de transports en commun.
Par Mickaël LOUEDEC
Il était écrit que deux des trois premières délibérations, présentées ce mardi 30 juin 2026 en conseil de Brest Métropole, allaient attirer l’œil des élus de la France Insoumise. Ça n’a pas raté.
La première délibération avait pour but de faire approuver, par les élus, le rapport d’activité transmis par la RATP Dev pour l’année 2025. À savoir, donc, le fonctionnement du réseau de transports en commun brestois pour l’année écoulée. Tout sauf anodin, dans cette période de tensions à Bibus, où une grève court depuis maintenant plusieurs semaines.
On hérite d’un degré de difficulté relativement important, assure Stéphane Roudaut, président de la Métropole, qui s’est proposé de jouer les médiateurs entre la direction et les syndicats de Bibus. La difficulté est de ramener à la discussion des points de vue diamétralement opposés. On avance et j’ai bon espoir de trouver des compromis, des solutions.
LFI : « Une reprise en main du réseau »
Christophe Osswald, élu d’opposition LFI, profite, lui, de la délibération, pour évoquer une situation sociale abîmée
. Il craint une poursuite de la grève perlée tout l’été, voire un durcissement
et tacle : La direction de Bibus veut-elle que la grève dure si longtemps que chacun ou chacune ait pris d’autres habitudes de déplacement, plus polluantes ?
Glen Dissaux, pour les Écologistes, embraye : Arrêtons de penser que les salariés sont responsables de la grève !
Il pointe la dégradation du dialogue social
.
Concernant le rapport en lui-même, l’Insoumise Cécile Beaudouin, s’explique : Nous avons posé 65 questions. Hélas, à part l’expression d’un agacement, nous n’avons eu que peu de réponses. Et aucune de satisfaisante.
Elle plaide pour une reprise en main du réseau
par la Métropole.
Un nouveau système de billets
L’autre délibération concernant les transports en commun portait sur un avenant au contrat liant justement la collectivité à RATP Dev. Celui-ci couvre, par exemple, pour un peu plus de 40 000 €, la mise en place temporaire d’une navette palliant l’absence d’ascenseur incliné au CHU de la Cavale-Blanche, du 14 février au 31 mars 2026, ou la mise en place d’une ligne scolaire supplémentaire à Plouzané, à partir de la rentrée prochaine.
La Métropole reconnaît, par la même occasion, que le déploiement des billets équipés de QR codes présente de nombreuses défaillances
. On peut quasiment parler de fiasco. Les progrès sont faibles et les perspectives de fiabilisation sont minces
, reconnaît la collectivité. On va donc passer au ticket cartonné sans contact dans les prochaines semaines. Sans QR code. Mais le nouveau support étant plus coûteux que le QR code
, une partie des usagers devra payer une partie de la différence. Soit, tout de même, trente centimes de plus pour un ticket de voyage simple, ou titre unitaire occasionnel
. Les autres offres, y compris les abonnements, ne sont pas concernées par cette augmentation.
On ne peut pas laisser des usagers se débattre avec une technologie qui n’est pas opérante
, se justifie Isabelle Melscoët, vice-présidente de la Métropole, chargée des Mobilités.
Le système de billétique fait perdre 100 000 € par mois depuis février, explique aussi Stéphane Roudaut. Il nous faut bien un ticket qui fonctionne.
Pas de quoi satisfaire les Insoumis, qui déplacent le débat sur la question de la gratuité des transports en commun. Ce n’est pas l’objet de l’amendement
, répond Isabelle Melscoët, qui calcule : La gratuité, ça coûte 25 000 € par jour.
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