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Cette décision pourrait ouvrir la voie à l’entrée dans l’enclave palestinienne du « Comité de gestion de Gaza ». Elle survient alors que d’intenses négociations ont lieu au Caire, incluant toutes les factions palestiniennes pour la mise en œuvre de la feuille de route accompagnant le plan Trump pour Gaza. Israël occupe près de 70 % de l’enclave et ne montre aucune velléité de se retirer.
Par Pierre BARBANCEY
L’annonce par le Hamas de la dissolution du gouvernement qu’il dirige dans la bande de Gaza pourrait ouvrir la voie à l’entrée dans l’enclave palestinienne du « Comité de gestion de Gaza ». C’est ce qu’a annoncé le média saoudien Asharq Al-Awsat.
Selon l’AFP, qui cite un dirigeant de l’organisation islamiste sous couvert d’anonymat, « le mouvement a décidé de dissoudre le comité gouvernemental de Gaza et de nommer une personnalité faisant l’objet d’un consensus national pour superviser les travaux du comité jusqu’à ce que le Comité national pour l’administration de Gaza assume officiellement ses responsabilités ». Ce « Comité national pour l’administration de Gaza » (NCAG), dirigé par Ali Shaath, devrait prendre en charge la gestion quotidienne du territoire.
Il s’agit d’un « comité palestinien de transition, technocratique et apolitique » créé en janvier 2026 en vertu de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies et du « plan Trump » pour, officiellement, mettre fin au conflit de Gaza. Composé exclusivement de Palestiniens « qualifiés » de la bande de Gaza, il est responsable de la gestion quotidienne des services publics et de l’administration civile à Gaza, sous la supervision du Conseil de la paix et de son haut représentant pour Gaza.
Son mandat est axé sur les affaires civiles et il ne représente pas le peuple palestinien sur la scène internationale. Le NCAG est censé remplir ce rôle de transition jusqu’à ce que « l’Autorité palestinienne ait achevé son programme de réformes, créant ainsi les conditions d’une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien. »
Israël veut contrôler 70 % de la bande de Gaza
Mais sur le terrain la question est évidemment plus complexe. Israël refuse l’entrée à ses membres depuis plusieurs mois. Le temps sans doute pour Tel-Aviv de mettre la main sur toujours plus de territoire dans la bande de Gaza. À l’issue de l’adoption du plan dit de paix de Trump, les Israéliens s’étaient engagés à ne plus contrôler « que » 53 % de la bande, mettant en place une « ligne jaune ». Ligne qu’ils n’ont eu de cesse de déplacer.
Le 15 mai, Benyamin Netanyahou n’avait d’ailleurs pas caché qu’il entendait contrôler 70 % de l’enclave voire même 100 %. De même, il viole l’accord annoncé en octobre dernier, tuant plus de 1 000 Palestiniens et assassinant de hauts dirigeants du Hamas. Enfin, en Cisjordanie occupée, Tel-Aviv fait tout pour marginaliser et déconsidérer l’Autorité palestinienne.
Le même premier ministre israélien indiquait le 4 juillet que « Gaza ne représente plus une menace », attribuant cela à la présence de forces armées dans une « nouvelle zone d’influence » à l’intérieur même de Gaza. Une allusion à des groupes palestiniens financés et armés par Israël, chargés de s’opposer au Hamas. Ce même jour, la radio publique israélienne, Kan News, estimait que le Hamas avait décidé de gagner du temps dans les négociations sur son désarmement et sur la mise en œuvre du plan Trump, et que Netanyahou faisait de même en raison des prochaines élections législatives.
Des réunions des factions palestiniennes
L’annonce faite par le Hamas survient alors que, depuis plusieurs semaines, d’importantes réunions avec l’ensemble des factions palestiniennes se tiennent au Caire. Selon une source de l’organisation islamiste palestinienne, citée par Asharq Al-Awsat,« alors que certains membres de la délégation du mouvement se trouvaient au Caire jeudi matin, des points de désaccord ont été surmontés avec les médiateurs (Égypte, Qatar et Turquie, NDLR) grâce à des consultations en cours, en plus des réunions et des contacts tenus en Turquie avec la participation de responsables qataris et égyptiens. » L’arrivée en Égypte du Haut Représentant pour Gaza au sein du « Conseil de paix », Nickolay Mladenov, est maintenant annoncée.
Les discussions en cours visent à parvenir à un consensus sur les termes de la feuille de route présentée par Mladenov (concernant l’entrée en fonction du comité administratif, le retrait total d’Israël et la reconstruction) en avril dernier, tandis que le Hamas insiste sur une approche progressive de la limitation et du transfert des armes à une entité palestinienne, et sur la nécessité d’obliger Israël à mettre en œuvre le retrait des sites qu’il occupe.
Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a déclaré samedi 4 juillet, dans un communiqué, que son mouvement « a abordé le dernier cycle de négociations avec optimisme et responsabilité, et que les choses progressent. Nous cherchons à trouver des terrains d’entente sur tous les points, notamment un cessez-le-feu, le lancement d’une véritable aide humanitaire et la reconstruction de l’ensemble de la bande de Gaza. »
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