
Trois années de travail ont abouti à cette étude réalisée par l’agence d’urbanisme de Brest-Bretagne (Adeupa). Elle livre des chiffres inédits sur l’emploi, le logement, les déplacements, etc. Une synthèse qui permet de préparer l’avenir.
Par Lucile VANWEYDEVELDT
Avec 21 400 emplois en 2025, dont 11 500 à Brest, la base de défense Brest-Lorient est le premier employeur de l’Ouest breton. Elle façonne l’urbanisme et dynamise l’écosystème local avec 250 entreprises et 19 000 emplois indirects, liés à ses activités. Ces chiffres illustrent l’importance de cet acteur dans le Finistère. L’agence d’urbanisme de Brest Bretagne (Adeupa) vient de publier une étude sur son impact social, urbain et économique. Des données qui sont actualisées tous les dix ans environ. « Ces chiffres inédits nous permettent de mieux préparer l’avenir, affirme le vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat, préfet maritime de la zone de l’Atlantique. Logement, mobilité, petite enfance, innovation… La Marine, dont on fête les 400 ans, est tournée vers l’avenir. »
10 % des déplacements à Brest
L’étude aborde des sujets de vie quotidienne. Chaque jour, 17 500 personnes accèdent au port militaire de Brest, générant 10 % des déplacements dans le centre-ville. La présence des militaires est une richesse pour Brest, affirme Stéphane Roudaut, président de la métropole. Il faut plus de fluidité en matière de mobilité.
La voiture reste le mode de transport dominant (66 % des trajets pour Brest), avec un taux de covoiturage de seulement 5 %. Un effort doit être fait sur le plan vélo. Autre piste : faire entrer les cars BreizhGo dans la base navale.
Le logement est également une priorité. 55 % des militaires déclarent rencontrer des difficultés pour se loger, en raison d’un marché immobilier tendu. Avec 11 500 salariés dans la métropole de Brest et 4 000 dans la presqu’île de Crozon, la Marine nationale est le premier employeur du bassin. Au total, 744 logements sociaux leur sont réservés mais c’est insuffisant par rapport à la demande.
Deux milliards d’euros par an
Un autre enjeu est la petite enfance. Les 1 700 familles de militaires et civils de la base de défense ont des besoins en matière d’accueil des jeunes enfants. À Brest, 147 places sont réservées dans les crèches ministérielles, mais l’offre ne satisfait pas les parents qui ont des horaires atypiques. Par ailleurs, 38 berceaux sont réservés dans des crèches partenaires et 247 assistantes maternelles sont conventionnées. Des dispositifs qui doivent être développés.
Premier donneur d’ordre du territoire avec plus de 2 milliards d’euros de commandes annuelles, la Marine nationale irrigue l’économie. Brest est aux portes de l’Atlantique, rappelle Jean-François Quérat. C’est une arène avec des compétiteurs.
La modernisation des infrastructures pour les futurs sous-marins nucléaires génère également des retombées pour le bâtiment et l’industrie. Ces chiffres ne sont pas des données comptables, conclut Jean-Philippe Setbon, sous-préfet, ce sont la colonne vertébrale de tout un territoire.
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