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Le cessez-le-feu signé le 17 juin entre Washington et Téhéran a volé en éclat depuis mercredi. Une escalade qui s’étend, ce jeudi, jusqu’en Jordanie. Le président des États-Unis, Donald Trump, a jugé le cessez-le-feu « terminé » et ne veut pas laisser au régime iranien la mainmise sur ce couloir de navigation stratégique.
Par Vadim KAMENKA
Depuis mercredi, l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran pourrait réduire à néant le cessez-le-feu. L’armée états-unienne a indiqué, jeudi, avoir mené des attaques sur plus de 170 cibles iraniennes au cours des 48 dernières heures. Une augmentation significative de l’intensité des bombardements par rapport aux précédentes violations du cessez-le-feu signé par les deux belligérants le 17 juin. L’administration Trump a justifié ces opérations dans le but de réduire les capacités militaires de l’Iran, notamment à l’encontre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Le périmètre de la centrale de Bouchehr visé par un missile
Cette flambée de violence a fait au moins une vingtaine de morts et une centaine de blessés en Iran. Téhéran a répondu avec des tirs de missiles et de drones sur des cibles américaines dans le Golfe : Qatar, Koweït et Bahreïn. Les autorités iraniennes ont affirmé que les missiles avaient touché un tronçon de voie ferrée reliant Téhéran à la ville de Mashhad, dans le nord-est du pays, où le guide suprême iranien assassiné, l’ayatollah Ali Khamenei, devait être inhumé, ce jeudi au terme de six jours de funérailles. Selon l’agence d’État iranienne Irna, un tir de missile américain a visé jeudi « le périmètre » de la centrale nucléaire de Bouchehr, la seule en activité en Iran.
Les combats semblaient s’étendre jeudi, à la Jordanie. L’armée iranienne a déclaré avoir pris pour cible la base aérienne de Muwaffaq Salti, utilisée par les forces américaines. Dans un communiqué, l’armée jordanienne a précisé avoir intercepté huit missiles dans son espace aérien et aucun dégât matériel. Le premier ministre du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, qui s’est entretenu par téléphone avec ses homologues de la région, a condamné ces attaques.
Cette dégradation de la situation vient menacer davantage encore la fragile trêve irano-états-unienne. Le président Donald Trump a déclaré qu’elle était « terminée » et a menacé une nouvelle fois « d’étriller » tous les dirigeants iraniens, « des malades » et avec qui il ne veut plus « avoir affaire ». Et le milliardaire promet des « bombardements bien pires » en cas d’escalade sur sa plateforme Truth Social.
Le détroit d’Ormuz et son contrôle sont au cœur de ces nouveaux affrontements. La guerre illégale déclenchée par Washington et Tel-Aviv le 28 février, a poussé Téhéran à bloquer ce couloir de navigation commercial et stratégique. Depuis, le rétablissement de la liberté de navigation est devenu un objectif central de l’administration Trump, afin de stabiliser les marchés énergétiques mondiaux.
Une offensive militaire qui pourrait durer
Le président états-unien a déclaré mercredi que le cessez-le-feu de 60 jours prévu dans le protocole d’accord était « terminé ». « La longueur et la gravité de la nouvelle campagne reposent entièrement sur les prochaines mesures de Téhéran », ont déclaré des responsables américains à Axios. Mais pour les autorités iraniennes, la maîtrise du détroit est devenue un objectif clé de tout accord visant à mettre fin à la guerre. Dans le protocole d’accord, cette question a été un des éléments centraux mais les interprétations divergent.
Le président du Parlement iranien et principal négociateur, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé les États-Unis de « faire preuve d’intimidation et de ne pas tenir leurs promesses » et a averti que le détroit ne serait rouvert qu’aux conditions de Téhéran. Pour le régime iranien « rien n’a été signé garantissant la libre circulation à travers Ormuz ou un retour au statu quo d’avant-guerre. En effet, le protocole d’accord ne contient aucune phrase rétablissant les affaires comme d’habitude dans le détroit, aucune garantie de liberté totale de passage maritime », explique le journaliste Nadav Eyal.
Pour d’autres observateurs, une partie des autorités iraniennes reprocherait un accord qui n’a permis aucune retombée économique, aucune avancée sur les fonds iraniens gelés et une situation au Liban trop précaire.
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