
La déléguée finistérienne de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), Andrée Guillamet, explique l’importance de cette possibilité pour certains malades. Pour elle, cette aide est complémentaire des soins palliatifs.
Par Lucile VANWEYDEVELDT
Andrée Guillamet est déléguée de l’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) dans le Finistère. Elle est favorable au projet de loi sur le droit à l’aide à mourir, adopté par les députés, le 30 juin 2026, et qui sera de nouveau soumise à ces derniers, le 15 juillet, en vue d’une adoption définitive. Elle estime, cependant, qu’il ne va pas assez loin.
Quel est l’avantage du projet de loi sur le droit à mourir, adopté par les députés ?
Ce projet de loi permet à des malades en grande souffrance d’avoir une aide à mourir, si telle est leur demande. Il permet de répondre à ceux qui sont confrontés à l’impuissance de la médecine. Cette loi ne s’imposera à personne. C’est comme la loi sur l’interruption volontaire de grossesse ou sur le mariage pour tous. On n’oblige personne à y recourir. Mais c’est une loi de liberté.
Que pensez-vous de l’opposition de certains médecins à ce nouveau droit ?
La loi est là pour répondre aux patients qui demandent le droit à une mort douce, car il existe des souffrances réfractaires aux traitements. En Belgique, quand la loi a été votée en 2002, des médecins ont exprimé leur refus. Ils ont fini par considérer qu’il s’agit là d’un dernier soin. Quand on regarde les sondages, on constate qu’un grand nombre de médecins sont prêts à pratiquer ce geste, par humanité. Pour les autres, il existe une clause de conscience.
Pensez-vous que ce droit menace l’avenir des soins palliatifs ?
Je pense que le droit à l’aide à mourir et les soins palliatifs sont complémentaires. Les deux peuvent être nécessaires, notamment pour les patients qui souffrent de pathologies compliquées, difficiles à soulager. Je répète qu’il existe aujourd’hui des souffrances réfractaires. Cela concerne peu de personnes. Mais ce n’est pas parce qu’il y a peu de malades concernés, qu’on doit ne rien faire. De plus, je tiens à préciser que ce projet de loi est très restrictif. Il faut répondre à des conditions importantes, comme l’aptitude à manifester une volonté libre et éclairée. Cela signifie qu’on ne tient pas compte des directives anticipées. Le texte exclut certains patients. Le progrès est certain mais, pour l’ADMD, cela ne va pas assez loin.
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