
Le 40e congrès du PCF vient de reconduire Fabien Roussel à la tête du parti et de décider de sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, malgé une fracture entre la ligne Roussel et les autres militants, exprimée dans différents votes du congrès.
Par Tamara ROSSI
L’Humanité évoque comme « principal sujet de crispation le scrutin de 2027 ». C’est peu de le dire au regard de la large volonté qui s’est exprimée dans ce congrès pour aligner le PC sur les positions de LFI et la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Quelques mois avant le congrès, un appel cosigné par un millier de militants PC et mené par la députée Elsa Faucillon et le maire de Gennevilliers Patrice Leclerc appelait à se ranger derrière une candidature unitaire. En amont du congrès, Stéphane Peu, responsable du groupe parlementaire du PC, s’était prononcé pour la candidature de Mélenchon. Pas vraiment commun au PC ! Tous ont en mémoire les 400 000 voix qu’il a manquées à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour de l’élection présidentielle en 2022… Et les 800 000 voix obtenues par Roussel.
Cette fracture entre la ligne Roussel et les autres militants se retrouvent dans différents votes du congrès, avec en toile de fond le soutien à l’orientation de LFI. Par exemple, le Congrès du PCF a voté à 57,7 % pour un amendement visant indirectement LFI en dénonçant les « discours communautaires » et « les outrances flirtant avec l’antisémitisme de la gauche ». Donc associant le PC à la meute anti-LFI. Un autre amendement proposait de dénoncer explicitement l’islamophobie. Pas question pour la direction du PCF clairement alignée sur le Printemps Républicain, amendement rejeté à 65 %.
Érosion des effectifs au PC
Fabien Roussel et sa candidature sont donc passés à 70 % des 660 congressistes présents. Soit par 450 militants. Difficile de masquer la crise qui saisit ce parti. Élu contre la direction sortante en 2018, Roussel et la direction du PC ne sont pas parvenus à enrayer la chute des effectifs, près d’un quart en moins en dix ans. Le PCF n’a depuis pas dépassé la barre des 3 % dans aucun des trois scrutins où il courait sous ses couleurs : européennes de 2019 et 2024, présidentielle de 2022.
61,38 % des militants communistes ayant participé au vote pour choisir une « base commune » de travail, ont privilégié le texte élaboré par la direction sortante, qui prône une candidature communiste à la présidentielle. Une majorité certes mais toute relative : au-delà de l’érosion dans les votes (15,8 % de votants en moins en trois ans), le texte défendu par Fabien Roussel est bien loin d’obtenir les 81,92 % qu’il avait atteints en 2023.
Pour l’Humanité, le nom de Mélenchon était « l’éléphant dans la pièce du congrès ». Fabien Roussel ne s’est pas gêné ces derniers mois pour dénoncer les « excès » et les « sorties à caractère antisémite » du leader insoumis. La division se ressent dans les réactions des militants aussi bien pendant le congrès qu’à la sortie. L’Humanité cite une cadre du PCF : « Ce congrès m’inquiète. (…) L’égotrip de Fabien Roussel risque rapidement de se prendre le mur de la réalité ». Celui de la volonté de milliers de militants communistes d’agir pour la rupture et contre l’extrême droite en 2027.
Source: info-ouvrières.fr
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