
Même si l’agglomération de Quimper dispose d’un bon matelas en cas de sécheresse prolongée, la situation dans les cours d’eau et pour l’eau potable inquiète. Entretien avec Jean-Paul Cozien, vice-président à QBO en charge de l’eau.
Par Yves MADEC
Comme se porte la ressource en eau sur l’agglomération de Quimper ?
La situation est sérieuse. D’abord pour l’état du milieu aquatique, sur le bassin de l’Odet en particulier. La situation est compliquée, problématique et nous inquiète au niveau du comportement du cours d’eau, nous sommes avec pratiquement deux mois d’avance sur l’étiage. Il y a vraiment un sujet d’inquiétude qui va mener l’AAPPMA et la Fédération de Pêcheurs à organiser des cessions de pêche électrique. Cela va permettre de déplacer les poissons qui sont dans très peu d’eau, et une eau très chaude, à d’autres endroits dans la vallée plus propices pour eux. L’opération de sauvetage est programmée mercredi 15 juillet, elle se déroulera notamment sur le secteur de Trégourez.
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Pour l’instant, quand on se rapproche de la ville, il y a encore un peu d’eau qui circule, mais cela met en évidence la difficulté et le caractère impérieux de la préservation des zones humides.
On a un minimum de 1,2 million de m3, ce qui correspond grosso modo à 70 jours de consommation.
Et l’autre inquiétude ?
Elle est sur l’alimentation en eau des usagers domestiques ou industriels. Il faut, plus que jamais, avoir un comportement économe, sachant qu’il y a des limites à l’économie. Et puis il y a aussi le secteur agroalimentaire qui a besoin d’eau à court terme. QBO a trois origines potentielles d’eau (1). La première, l’eau brute, donc qui nous permet de faire l’eau potable, ce sont nos rivières et quelques points un peu plus profonds sur lesquels on va chercher de l’eau. Pour l’instant, globalement, ça fonctionne, à part sur le Pays Glazik, où on a des points de potabilisation qui n’ont plus de ressources, donc qui ne fonctionnent pas. En secours, nous avons le syndicat mixte de l’Aulne. C’est un système qui a une limite dans le temps. Aujourd’hui, la situation est sérieuse, le département est en alerte et cela va monter dans l’échelle des alertes et des restrictions de consommation, parce que la météo des quinze prochains jours n’annonce pas beaucoup d’eau.
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Quimper Bretagne Occidentale pourrait manquer d’eau ?
Sur le territoire, nous avons la carrière de Kerrous qui n’est pas entamée, on a un minimum de 1,2 million de m3, ce qui correspond grosso modo à 70 jours de consommation. Aujourd’hui, nous sommes sur un scénario qui s’annonce plus tendu qu’en 2022, et en 2022, pour donner un ordre de grandeur, nous avions utilisé à peu près 30 % de cette carrière.
Les habitants de QBO respectent-ils les consignes de consommation d’eau depuis l’alerte sécheresse du 4 juillet ?
Il y a des efforts, mais ce n’est pas vraiment perceptible encore. D’un autre côté, on aurait pu craindre une hausse de la consommation avec la chaleur, mais ce n’est pas le cas. Et si l’on compare avec 2022, on sent que les consommateurs, particuliers ou entreprises, font plus attention.
(1) Les onze sites de traitement de QBO produisent près de 5,5 millions de m3 par an.
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