
Le 13 juillet, Macron appelait à « défendre la liberté et le droit », « au prix du sang s’il le faut », en glorifiant l’explosion des dépenses d’armement. Le lendemain le gouvernement publiait les plafonds de dépense qu’il fixe aux ministères pour l’année prochaine.
Par Gabriel CARUANA
Le 13 juillet, Macron appelait à « défendre la liberté et le droit », « au prix du sang s’il le faut », en glorifiant l’explosion des dépenses d’armement. Le lendemain le gouvernement publiait les plafonds de dépense qu’il fixe aux ministères pour l’année prochaine.
Le journal Les Échos du 17 juillet n’y va pas par quatre chemins : « Tous les ministères ou presque vont devoir se serrer la ceinture en 2027. » Commençons par le « presque ».
C’est la charge de la dette, c’est-à-dire le remboursement d’intérêts aux banques, qui se taille la part du lion, avec une progression de 12,3 milliards.
La deuxième progression, c’est celle des crédits de la défense : 6,4 milliards qui viennent s’ajouter aux 9 milliards supplémentaires de 2026 !
Après ces largesses, le gouvernement annonce que les autres dépenses ministérielles seraient limitées à un niveau « strictement inférieur à l’inflation », c’est-à-dire 0,4 % pour une inflation attendue à 1,6 %. C’est donc bien une baisse en euros constants, mais pas pour tout le monde.
Près d’1 milliard en moins pour les collectivités locales
Ainsi, le ministère de l’Intérieur aura droit lui à 1 milliard de plus (+ 4 %) quand celui de la Culture devra se satisfaire d’une reconduction sans hausse, c’est-à-dire d’une perte en euros constants de 56 millions (après 38 millions d’annulations de crédits en 2026).
Le budget de l’Éducation nationale n’« augmente » que de 0,5 %. Ce sont 232 millions de pertes sèches par rapport au budget 2026 et ses 5 000 suppressions de postes dont le nombre ne pourra qu’augmenter. Avec une prudence de Sioux, le gouvernement les camoufle : « Une nouvelle planification territoriale sera déclinée, aux côtés des élus locaux, afin de mieux anticiper la démographie scolaire dans les années à venir. »
Et on pourrait continuer la liste, cette purge s’applique à tous les ministères !
Quant aux collectivités territoriales, qui sont en première ligne ces dernières semaines pour adapter les établissements d’enseignement aux canicules, pour lutter contre les incendies, pour organiser la solidarité avec les plus fragiles et les plus précaires, c’est une reconduction pure et simple des crédits. C’est un manque à gagner de 862 millions d’euros.
Non content d’engraisser les marchés financiers et de vouloir envoyer à la mort nos enfants, Macron nous fait payer la note. Inacceptable !
| 9 milliards d’économies supplémentaires dans le budget 2026……c’est exactement le montant de l’augmentation des dépenses militaires Le 7 juillet, à Bercy, se réunissait un « Comité d’alerte des finances publiques » où 3 milliards d’« économies » sur le budget sont annoncées par le gouvernement d’ici le mois de septembre : 2 milliards de moins pour les ministères et 1 milliard de moins pour la Sécurité sociale, notamment les accidents du travail. Ils s’ajoutent aux 6 milliards de crédits déjà annulés par deux décrets du 11 juin dernier, suite à un premier comité d’alerte.Voici quelques exemples des « économies nécessaires » mises en œuvre par le gouvernement par ces décrets.– 43 millions de moins pour l’enseignement scolaire, alors que les parents et enseignants se mobilisent contre les fermetures de classes ;– 38 millions retirés de la culture, alors que la majorité des artistes vit dans la précarité, que la survie de nombreux festivals est menacée ;– 20 millions de crédits annulés pour la prévention des risques, quand les incendies se multiplient dans le pays faute de moyens pour les contenir ;– 139 millions en moins pour la recherche, et 160 000 bacheliers qui n’ont pas trouvé de place en université ;– 28 millions supprimés pour l’immigration et le droit d’asile, conséquence du renforcement des politiques racistes ;– 48 millions de crédits retirés aux collectivités territoriales, déjà étouffées financièrement.Rappelons que le budget d’austérité, dans lequel le gouvernement taille à nouveau, a été adopté par le vote du PS et la bienveillance du RN. Il contient 9 milliards de crédits supplémentaires pour la guerre, c’est exactement le montant des « économies nécessaires » décidées quelques mois après. Et ces 9 milliards ce sont ceux de la loi de programmation militaire votée par une alliance allant du PS au RN en passant par LR et la macronie (36 milliards en quatre ans).Ce Comité d’alerte a été mis en place en 2025 par le gouvernement Bayrou. Y siègent avec le gouvernement des représentants des parlementaires, des collectivités, des « partenaires sociaux », des caisses de sécurité sociale… Le dogme qui préside à ses travaux, c’est « toute dépense nouvelle doit être compensée ». Comme on le voit, c’est un moyen cynique de facturer à la population le « prix du sang » exigé par Macron. |
Source: https://infos-ouvrieres.fr/
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