Le député brestois Pierre-Yves Cadalen cible de tags nazis et homophobes (LT.fr-27/07/26)

Pierre-Yves Cadalen indique avoir déposé plainte pour des premiers tags le visant, la semaine dernière, au Moulin-Blanc. (Photo d’archives Le Télégramme/Vincent Le Guern)

Le député insoumis Pierre-Yves Cadalen est la cible de tags nazis et homophobes découverts ce lundi rue du Bot, à Brest. Des inscriptions similaires avaient été relevées la semaine dernière, au Moulin-Blanc.

Des croix gammées et celtiques, dessinées autour d’inscriptions ciblant nommément Pierre-Yves Cadalen, dans des termes injurieux et homophobes : les tags découverts ce lundi 27 juillet 2026, sur le skatepark de la rue du Bot à Brest, ressemblent en tout point à ceux que le député brestois a subis, la semaine dernière, sur le mur de la plage du Moulin-Blanc.

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ET FIER DE L’ÊTRE

Par Pierre-Yves Cadalen (jeudi 23/07/2026)

Hier, des camarades m’ont transmis cette photographie qui figurait sur le mur de la plage du Moulin blanc, bien fréquentée en ces chaleurs estivales. Aux côtés de cette inscription homophobe figurent des croix celtiques et autres symboles de l’extrême-droite, celle qui a frappé violemment à Brest contre des passants, des personnes attablées sur une place, des militants insoumis parmi lesquels mon compagnon Édouard.

Je m’arrête un instant et me rends compte du néant total habitant la personne en train d’inscrire ces mots sur le mur : quelle jouissance particulière éprouve-t-il à écrire « Cadalen, sale PD » ? Qui est cet homme ?

Peut-être s’imagine-t-il aux postes avancés de l’histoire, menant une mission civilisatrice que je ne sais quel illuminé de l’extrême-droite la plus brutale lui aura inculqué. Inscrivant cela sur une plage où vont le lendemain passer des centaines de personnes, il donne l’espace d’un instant à sa vie un sens, disparu aussitôt. Une fois passé ce moment grisant, il devra retourner à la triste réalité : il conspue les homosexuels comme il déteste les femmes qui ne l’estiment pas selon lui à sa juste valeur, en bon masculiniste qu’il est.

La haine épuise vite sa propre énergie, et n’irradie en rien positivement. Elle épuise celui qui la porte. Il courra moins longtemps.

Qu’ils le sachent, ces fiers-à-bras fascistes : je suis fier d’être pédé, ai à ce propos écrit un texte quand les mêmes violents s’en étaient pris à Édouard – je les invite à le lire, à lire en général, et surtout à rencontrer des personnes qui ne sont ni ne pensent comme eux. Ils en sortiraient grandis, et préféreraient sans doute alors effacer leurs insultes.

Je suis fier d’être pédé, au sens où je le vis dans la joie, l’amitié et la bonne humeur, et souhaite le dire publiquement pour que cela soit aussi possible pour nombre de personnes lesbiennes, transgenres, bisexuels ou gay, queer en général. Au sens aussi où j’ai conscience des luttes qu’il a fallu mener pour pouvoir en arriver là, et écrire ce texte sans craindre d’être honni, ou que la haine vienne alimenter la haine. Non, les petites aventures de ceux qui s’inventent un rôle qu’ils n’occuperont jamais ne trouvent aujourd’hui aucun écho, sinon un sourire amusé de ceux qui les voient de loin jouer.

Alors, ils exercent une violence, mais notre joie est mille fois supérieure à leur violence, et notre fierté comme notre combat aussi. Car plus ils semblent tout petits, aussi ridicules qu’ils le sont en vrai, moins leurs idées et leurs actions portent. Elles s’effondrent sur elles-mêmes. L’homophobie tue. Mais elle perd, toujours, face à la joie et à la liberté que l’on ne peut jamais définitivement enterrer.

C’est l’été. C’est la plage. Leur insulte sera effacée de nouveau (j’en remercie par avance les services de la métropole) comme elle l’était déjà une fois écrite. J’ai déposé plainte, mais je pense que la meilleure réplique est de leur écrire et, si vous les croisez ou les connaissez, de leur parler : qu’ils comprennent que la honte a changé de camp.

Je termine ces mots par un poème qui leur fera plaisir, d’un grand poète franco-algérien, homosexuel et anticolonial, Jean Sénac : « Et maintenant nous chanterons l’amour,/ Car il n’y pas de Révolution sans Amour,/ Il n’y a pas de matin sans sourire./ La beauté sur nos lèvres est un fruit continu./ Elle a ce goût précis des oursins que l’on cueille à l’aube /Et qu’on déguste alors que l’Oursin d’Or s’arrache aux brumes et sur les vagues module son chant./ Car tout est chant – hormis la mort !/ Je t’aime ! »

source: https://www.facebook.com/py.cadalen/posts/10245378467775437?ref=embed_post

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« On se doute de l’identité des auteurs »

« J’ai déposé plainte la semaine dernière pour les premiers tags. Je vais demander à la ville de faire effacer ceux de la rue du Bot et on verra si je porte à nouveau plainte. Mais charge au procureur et à la Police de verser ces nouveaux faits à l’enquête », commentait ce lundi soir le député insoumis. « On se doute de l’identité des auteurs : ces groupuscules d’extrême droite qui pourrissent la ville depuis des mois. »

En réaction aux tags découverts au Moulin-Blanc, le député avait revendiqué avec fierté son orientation sexuelle, dans un long texte publié jeudi 23 juillet, sur son profil Facebook. Il écrivait notamment : « L’homophobie tue. Mais elle perd, toujours, face à la joie et à la liberté que l’on ne peut jamais définitivement enterrer. »

Source: https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/le-depute-brestois-pierre-yves-cadalen-cible-de-tags-nazis-et-homophobes-7090972.php

URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=105112&action=edit

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