« Lorient est certainement la ville la plus avare en eau » : au XIXe siècle, la population se plaignait de crever de chaleur (LT.fr-30/07/26)

La fontaine monumentale dite Neptune (à l’angle de la rue Maréchal-Foch et de la rue Massé), visible sur ce document issu de la collection de Claude Le Colleter.

Comment les Lorientais faisaient face à la chaleur aux XXVIIIe et XIXe siècles ? Une plongée dans les écrits de l’époque montre que ce n’était vraiment pas simple.

Le boulevard de l’Eau Courante, la rue des Fontaines, la rue du Réservoir… ces noms de rues résonnent aux oreilles des Lorientais. « En 1732, Lorient comptait 31 fontaines, mais seules six étaient convenables et quatre furent retenues pour la consommation. L’eau était très polluée, notamment par le rouissage du lin. Il était important d’agir », relate Claude Colleter, historien local.

L’aqueduc de la Compagnie des Indes, construit au milieu du XVIIIe siècle pour combattre les épidémies, a permis à la population de Lorient (5 000 habitants à l’époque) de vivre dans des conditions sanitaires modernes pour l’époque. Ensuite, un réseau souterrain est construit pour mener une eau de meilleure qualité jusqu’aux réservoirs du Péristyle.

« Les rues ne sont arrosées que par notre sueur »

La ville compte alors trois fontaines Wallace, du nom de ce philanthrope parisien d’origine anglaise, Richard Wallace, qui entreprit de faire installer ses fontaines dans toute la France pour fournir de l’eau gratuitement aux plus démunis, mais aussi « lutter contre l’ivrognerie ».

Durant les périodes de canicule, la presse de l’époque fustigeait le maire : « La ville de Lorient est certainement la ville la plus avare en eau, relate le Nouvelliste, en 1899. Dans ces moments-là, nous crevons de chaleur et les rues ne sont arrosées que par notre sueur, mais ça ne suffit pas. À Lorient, un malheureux tonneau circule péniblement, tiré par son cheval et son cocher, et lâche quelques gouttes d’eau de mer qui s’évaporent. La municipalité ne pourrait-elle pas, par ces chaleurs tropicales, rafraîchir les rues en y faisant circuler des voitures d’arrosage ? La rue des Fontaines où siège Monsieur le maire y gagnerait ».

Deux fontaines monumentales et sales

Lorient possédait aussi deux fontaines monumentales, dont la fontaine Neptune (à l’angle de la rue Maréchal-Foch et de la rue Massé). Elle avait été conçue en 1876 par l’architecte normand Stephan Gallot et le sculpteur Auguste Nayel. « Par fortes chaleurs, c’était le paradis des enfants. On y laissait traîner les ordures et ça prenait rapidement l’allure d’une déchetterie », commente l’historien. En 1899, on lisait dans la presse : « On doit déplorer que les ménagères prennent le bassin de la fontaine pour une poubelle et en fassent un réceptacle de pieds de choux, de queues de homards ». Cette fontaine fut aussi détruite durant la guerre.

Source: https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient-56100/lorient-est-certainement-la-ville-la-plus-avare-en-eau-au-xixe-siecle-la-population-se-plaignait-de-crever-de-chaleur-7092055.php

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