
Alors que la justice a validé la décision de l’Agence régionale de santé sur l’autorisation donnée à l’hôpital de Lannion (Côtes-d’Armor) pour la chirurgie digestive oncologique, la polyclinique du Trégor étudie toujours des possibilités de recours. Elle poursuit ses autres activités et emploie aujourd’hui 80 personnes. Une trentaine de médecins libéraux travaillent également sur le site.
Propos recueillis par Renée-Laure EUZEN
Implantée à Lannion (Côtes-d’Armor), la polyclinique du Trégor n’a pas eu gain de cause devant le tribunal administratif qu’elle avait sollicité en référé. Elle conteste la décision de l’Agence régionale de santé qui a accordé l’autorisation de chirurgie oncologique digestive à l’hôpital de Lannion. Le bras de fer juridique n’est peut-être pas terminé, pour autant l’établissement privé, qui est dans le giron du groupe Hospi Grand Ouest, entend rester un acteur du territoire dans le domaine du soin et de la santé, ainsi qu’il l’a expliqué à Ouest-France.
Quels sont les recours que vous envisagez ?
À ce stade, la polyclinique du Trégor prend acte de la décision du tribunal administratif. Avec ses conseils, elle analyse les motivations de cette décision et étudie les suites juridiques susceptibles d’y être données, notamment la faisabilité d’un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État. L’objectif est que l’ensemble des questions juridiques soulevées dans ce dossier puisse être définitivement examiné.
L’établissement avait évoqué un risque de liquidation judiciaire. Est-ce le cas aujourd’hui ?
La perte de cette autorisation entraîne un impact économique réel et un préjudice réputationnel important pour l’établissement. Pour autant, il est aujourd’hui prématuré de tirer des conclusions sur l’évolution de sa situation financière. Notre priorité est de poursuivre l’ensemble des activités de la clinique, de préserver les emplois et de travailler avec l’ensemble des parties prenantes afin d’assurer la pérennité d’une offre de soins de qualité sur le territoire.
Aujourd’hui, comment se décomposent les activités de la polyclinique et combien de personnels compte-t-elle ?
La polyclinique du Trégor poursuit l’ensemble de ses activités de médecine, chirurgie, hospitalisation et consultations. L’établissement emploie aujourd’hui 80 salariés, auxquels s’ajoutent 30 médecins libéraux exerçant sur le site. La décision concerne uniquement l’autorisation de chirurgie digestive oncologique et ne remet pas en cause les autres activités de la clinique.
Le rapprochement polyclinique-hôpital aurait-il permis d’éviter cette situation ?
Il serait hasardeux de refaire l’histoire. Néanmoins, dans un contexte de fortes contraintes financières, notamment liées aux déficits importants de l’hôpital public, il est essentiel de privilégier une organisation de l’offre de soins fondée sur un projet médical complémentaire entre les établissements, plutôt que sur une superposition des activités, source in fine de coûts supplémentaires pour la collectivité. Notre conviction est qu’un territoire comme le Trégor a besoin d’une coopération forte entre les acteurs publics et privés de santé. La polyclinique du Trégor a toujours privilégié le dialogue et demeure pleinement disponible pour construire, avec l’ensemble des partenaires, les solutions les plus adaptées aux besoins de la population. Aujourd’hui, notre priorité est de regarder vers l’avenir et de préserver une offre de soins attractive et durable.
On entend dire que le directeur du site est parti. Est-ce le cas ?
Le directeur de la polyclinique du Trégor a effectivement quitté ses fonctions le 17 juillet, après sept ans à la direction de la polyclinique. Ce départ s’inscrit dans un calendrier qui lui est propre et lié à son souhait de changer de poste sans lien avec la situation actuelle, ni la décision rendue dans ce dossier. La direction est assurée depuis cette date par un directeur de transition. La priorité demeure l’accompagnement des équipes, la continuité des activités et le maintien d’une offre de soins de qualité.
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