Mort de la journaliste libanaise Amal Khalil : l’autopsie d’un crime de guerre commis par Israël (6/08/25)

Un avion de chasse israélien a bombardé le bâtiment où la journaliste libanaise, Amal Khalil, s’était réfugiée après que sa voiture avait été visée par un drone israélien. © Al Akhbar

Dans deux rapports distincts, Amnesty International et Human Rights Watch dévoilent comment l’armée israélienne a tué la journaliste Amal Khalil en avril, dans le cadre des massacres perpétrés dans le sud du Liban. Les deux ONG réclament une enquête indépendante pour « crime de guerre ».

Par Tom DEMARS-GRANJA

La journée était jusque-là anormalement calme. Le 22 avril, Amal Khalil, 42 ans, journaliste pour le quotidien libanais Al-Akhbar, et Zeinab Faraj, 21 ans, reporter indépendante, sillonnent le sud du Liban pour couvrir la guerre menée par les forces israéliennes. À proximité du village d’Al-Tiri, à 7 kilomètres de la frontière israélienne, les deux journalistes viennent de rencontrer deux témoins, Ali Nabil Bazzi et Mohammed al-Hourani.

En voiture avec sa consœur, vers 14 h 30, Zeinab Faraj est en train de filmer une séquence lorsque Amal Khalil se met à crier : le véhicule des deux hommes, quelques mètres devant, vient d’être attaqué par un drone israélien.

Une enquête indépendante pour « crime de guerre »

Trois heures plus tard, lorsque la Croix-Rouge libanaise arrive sur les lieux, les secouristes retrouvent Zeinab Faraj avec le crâne fracturé, de graves blessures à la jambe et à l’œil droit ainsi qu’une main écrasée. Le corps d’Amal Khalil, lui, ne sera repéré qu’à 23 heures, sous les décombres du bâtiment où les deux journalistes se sont réfugiées. L’autopsie indiquera qu’elle est morte à 19 heures.

Les deux journalistes ont été délibérément ciblées par Israël, confirment Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), dans deux rapports distincts publiés le 6 août. Les deux ONG réclament une enquête indépendante pour « crime de guerre », alors que Tel-Aviv « savait ou aurait dû savoir » que Zeinab Faraj et Amal Khalil n’étaient pas affiliées au Hezbollah, comme l’a prétexté l’armée israélienne.

Après l’attaque menée contre le premier véhicule, un drone a foncé sur la voiture des deux journalistes vers 15 h 21, blessant Amal Khalil. Elles se sont alors mises à l’abri dans un bâtiment proche, puis ont enchaîné les appels avec leurs familles, la Protection civile et la Croix-Rouge libanaises. Cette dernière avait alors déjà adressé une demande d’accès à la zone à la Force intérimaire des Nations unies au Liban dès 15 heures, pour évacuer les deux journalistes.

Des coups de feu pendant les évacuations

Un avion de chasse israélien a pourtant bombardé le bâtiment vers 16 h 30. La Croix-Rouge libanaise n’a pu rejoindre les lieux que trente minutes plus tard. Si les secouristes ont pu extraire Zeinab Faraj des décombres, ils ont dû rebrousser chemin après avoir été visés par une grenade assourdissante larguée depuis un drone, puis par des « tirs d’armes légères », rapporte HRW. L’armée israélienne a finalement autorisé les équipes de secours à retourner au village à 20 h 15. Trop tard pour sauver Amal Khalil.

Israël a justifié l’opération en qualifiant les deux journalistes, comme les deux premières victimes, de « saboteurs » dont les « véhicules (…) sortaient d’une structure militaire utilisée par l’organisation terroriste Hezbollah ». Dès le lendemain de l’attaque, le président libanais, Joseph Aoun, et son premier ministre, Nawaf Salam, ont dénoncé des « crimes de guerre ». Amnesty International et HRW plaident pour que Beyrouth aille plus loin et mandate la Cour pénale internationale.

Source: https://www.humanite.fr/monde/amnesty-international/mort-de-la-journaliste-libanaise-amal-khalil-lautopsie-dun-crime-de-guerre-commis-par-israel

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