
Canicule et sécheresse mettent les vergers de pommes à cidre sous pression en Finistère. Les fruits tombent avant maturité. En raison de leur petite taille, les pommes donneront aussi moins de jus. Rien n’est encore perdu, à condition que la pluie revienne.
Par Zoé BOIRON et Appolline DABEE
Des pommes de la taille d’une olive
ou d’une tomate cerise roulent sous les pieds. Les canicules de l’été 2026 ont freiné leur croissance et provoqué leur chute prématurée. À la cidrerie de Cozmezou, à Plouégat-Guerrand (Finistère), Erwan Le Caër l’a constaté sur trois de ses treize variétés, dont la Douce Moën, très prisée pour le cidre.
Les pommiers produisent abondamment une année sur deux. Chez Erwan Le Caër, 2026 est une année creuse. Il complète donc habituellement sa récolte avec le verger de Didier Forterre, à Plestin-lès-Grèves, censé être dans sa bonne année. Pourtant, là aussi, les pommes tombent déjà. Elles ne devraient pas être déjà par terre, ni si petites
, relève l’arboriculteur, ce vendredi 7 août. Qui dit petites pommes, dit moins de jus pour produire le cidre.
Les arbres larguent leurs pommes pour survivre
Sous un soleil de plomb, les pommiers sont passés en mode survie
, explique Erwan Le Caër. Les sols sont si secs que les arbres peinent à puiser les nutriments nécessaires. Résultat : ils abandonnent une partie de leurs fruits. Ils gardent les réserves pour eux
, résume le cidrier.
Autre conséquence : des pommes trop petites ne pourront être ramassées à la machine. Au lieu de 50 % de récolte manuelle, on sera plutôt à 90 %.
De quoi alourdir les coûts de production et, à terme, le prix du cidre.
« Une situation inquiétante, pas dramatique »
La situation est quasiment similaire pour Stéven Goenvec, coexploitant de la cidrerie Menez Brug, à Fouesnant, dans le sud Finistère. La pluie manque pour les sols et pour donner du goût aux pommes. Certains fruits tombent déjà et des feuilles de pommiers commencent même à faner. Il n’a plu que quelques millimètres vers le 10 juillet. Depuis, rien
, se désole l’exploitant.
Tout n’est pas perdu
, tempère Erwan Le Caër. La situation est inquiétante mais pas alarmante
, abonde Didier Forterre. Les prochaines semaines seront décisives : si les pluies reviennent suffisamment en août et en septembre, les pommes pourraient encore grossir.
En 2025, c’était l’année de bonne production dans le cycle des pommiers de Menez Brug, mais l’eau manquait. On a eu de la pluie le 15 août et grâce à ça, les fruits ont pris du calibre
, raconte Stéven Goenvec. Résultat : la récolte est devenue excellente. On a fait environ 200 000 bouteilles transformées sur place. Il y a eu 150 tonnes de pommes laissées dans les champs, car les cuves étaient pleines. Cette année, ces pommes vont manquer.
La cidrerie de Fouesnant est en train de créer un bâtiment pour accueillir de nouvelles cuves. Cela permettra aussi de conserver une partie de sa production d’une année sur l’autre : Cette période nous conforte dans notre choix
, conclut Stéven Goenvec.
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