
Les légumes bretons paient un lourd tribut à la sécheresse et aux fortes chaleurs. La coopérative Prince de Bretagne alerte sur des pertes pouvant atteindre 100 %. Elle appelle l’État à agir sur la ressource en eau et demande à la grande distribution d’accepter des légumes abîmés par la chaleur.
Artichauts : de 50 à 100 % de pertes. Brocolis : environ 60 %. Courgettes : 25 % de volumes en moins. Petits pois : plus de 40 % de pertes, une production fortement perturbée
. Endives : 15 % à 40 % de pertes en bio et 20 % en agriculture conventionnelle. La liste des cultures menacées par la sécheresse et les épisodes caniculaires en Bretagne est encore longue.
La coopérative légumière Prince de Bretagne (la Sica de Saint-Pol-de-Léon, Les Maraîchers d’Armor à Paimpol et Terres de Saint-Malo) tire la sonnette d’alarme, ce lundi 10 août 2026. Elle s’inquiète d’une situation sans précédent
qui engendre une crise historique
. Vent et chaleur accentuent les effets du déficit hydrique. Depuis juin, la répétition des fortes températures fragilise profondément les cultures légumières.
De 15 % à 100 % de pertes
Selon les cultures et les conditions d’irrigation, les légumiers accusent de 15 % à 100 % de pertes. Même les cultures sous abris (tomates, fraises, poivrons, concombres), équipées de systèmes de goutte-à-goutte, n’échappent pas aux pertes de rendement et de qualité
. Dans sa filière horticole, la baisse du chiffre d’affaires est estimée à 10 % en raison du dessèchement, des brûlures et de la perte de qualité
.
Après une importante crise cet hiver, les légumiers se retrouvent de nouveau sur le fil du rasoir. Les producteurs de choux-fleurs, symbole de la crise hivernale, constatent environ 20 % de pertes sur les récoltes en cours (jusqu’à 100 % sur les parcelles non irriguées)
et des pertes de jeunes plants qui compromettent les volumes prévus pour l’automne/hiver
.
Avec seulement 20 % des maraîchers équipés pour l’irrigation
, une pratique rare dans la région
, la filière ne peut plus absorber des épisodes climatiques aussi extrêmes
, estime la coopérative. Elle appelle les pouvoirs publics à faire de la ressource en eau une priorité nationale
, à accélérer les décisions sur le stockage hivernal, à sécuriser les autorisations d’irrigation et à soutenir les investissements hydriques indispensables à la survie des exploitations
. Il va falloir apprendre à garder l’eau de pluie de l’hiver
, alerte Marc Keranguéven, président de Prince de Bretagne.
Des légumes moches en rayon ?
La coopérative appelle aussi la grande distribution à assouplir ses critères de calibre, de poids et d’aspect, à accepter des produits avec des défauts liés à la sécheresse
et à maintenir un dialogue renforcé pour sécuriser les approvisionnements
. Elle invite enfin les consommateurs à acheter des légumes bretons,
. même s’ils peuvent être plus petits ou irréguliers
La tension sur les volumes entraîne une augmentation des importations au détriment de la souveraineté alimentaire.
La coopérative estime que le secteur est proche d’un point de rupture : Les pertes de rendement, les déclassements, les arrêts de lignes et les risques de chômage technique montrent l’urgence d’une mobilisation collective
. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir
, nuance Marc Keranguéven. Les maraîchers attendent désormais des décisions fortes et rapides.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=106234&action=edit
Article suivant :
Article précédent:
