
Depuis le dimanche 9 août, des familles palestiniennes sont assiégées dans leurs maisons en Cisjordanie occupée. Les colons israéliens qui les bloquent cherchent à prendre le contrôle de leurs propriétés. Malgré l’intervention de l’armée israélienne, le blocus se poursuit encore.
Par Zubeyde CACAN
Alors que le gouvernement israélien favorise la colonisation en Cisjordanie occupée, de l’autre côté, son armée prétend vouloir mettre un terme aux agissements des colons. À Qusra, village palestinien situé au sud de Naplouse, des familles vivent depuis plusieurs jours sous la menace des civils israéliens installés dans une tente aux abords de leurs maisons. Depuis ce dimanche 9 août, les familles palestiniennes sont empêchées de sortir et de recevoir des provisions.
« Chaque nuit, les colons jettent des pierres, utilisent un langage obscène et crient pendant la nuit. Nous vivons dans un état de terreur », a témoigné Hassan, l’un des habitants, auprès du média britannique The Guardian. Sa mère, son frère et sa sœur, ainsi que trois voisins, sont eux aussi bloqués à l’intérieur. L’eau et l’électricité ont été coupées, selon le Guardian.
Dans une autre maison assiégée, un autre habitant, Qusai Abou Rida décrit une situation similaire. « Nous n’avons reçu ni nourriture ni médicaments », a déclaré à l’AFP. La famille ne dispose d’électricité que grâce à des panneaux solaires.
L’ambassadeur américain change de registre
Le commandant des forces israéliennes dans la région, le général Avi Bluth, s’est rendu sur place mercredi 12 août : « Pour la première fois, je pense qu’il y a un certain sérieux de la part de l’armée dans le traitement des colons », a déclaré Hassan au Guardian, tout en précisant que cette visite n’avait, dans l’immédiat, produit « aucun résultat tangible ».
Dans l’après-midi, l’armée a annoncé son retrait alors que le blocus se poursuivait, a constaté un photographe de l’AFP. Les officiers ont aussi exprimé leur « vive inquiétude » face aux agissements de civils israéliens contre les familles palestinienne et ont ordonné de « rétablir l’ordre et de poursuivre les responsables ». Pourtant, difficile de voir comment l’armée pourrait « rétablir l’ordre » quand c’est le gouvernement israélien lui-même qui nourrit cette violence.
D’autant plus, que la colonisation en Cisjordanie s’inscrit plus largement dans un contexte de violences croissantes depuis le 7 octobre 2023. Les attaques contre des villages palestiniens sont devenues quasi quotidiennes : mosquées incendiées, maisons et terres dévastées, villageois menacés, frappés, accès à l’hôpital empêché…
Actuellement, plus de 500 000 Israéliens vivent dans les colonies en Cisjordanie, territoire occupé illégalement par Israël depuis 1967. Selon un décompte de l’AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, au moins 1 097 Palestiniens, combattants et civils, ont été tués par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023.
L’affaire a aussi suscité une réaction de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee. Le diplomate, fervent défenseur des colonies israéliennes en Cisjordanie, a qualifié ce jeudi 13 août, les agissements des colons de « criminels » et de « répugnant » sur X. Selon lui, la police israélienne est intervenue à la demande des États-Unis pour retirer les personnes impliquées qui cherche à « intimider et harceler » les familles palestiniennes.
Une prise de position inhabituelle qui tranche avec la ligne de Washington. Donald Trump reste le principal allié d’Israël et de son « ami Bibi ».
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