
Les rivières et les poissons souffrent face à la sécheresse. À Quimper (Finistère), les pêcheurs constatent une baisse du niveau des cours d’eau et leur réchauffement. Plusieurs opérations de sauvetage de poissons ont été réalisées.
Par Pascale LE GUILLOU
Le niveau de l’Odet, du Steïr et du Jet continue de baisser. Par rapport à 2025, il y a beaucoup moins d’eau. On est en avance de quatre semaines sur les niveaux d’étiage
, observe Paul Le Noac’h, président de la société de pêche de Quimper.
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Avec moins d’eau, des températures en hausse et qui réduisent le niveau d’oxygène, les rivières respirent de plus en plus mal. Notamment l’Odet, qui est très sensible et qui est toujours la première à souffrir en cas d’étiage sévère
.
L’eau du Steïr à 24 °C
L’an dernier, les relevés effectués par les pêcheurs affichaient des températures entre 16 °C et 17 °C dans les cours d’eau quimpérois. Cette année, c’est plutôt 17 °C. Dans le bas du Jet, on a relevé 24 °C sur une journée, sur une petite portion…
Une situation inquiétante car une truite ne peut pas survivre dans une eau au-delà de 25 °C. À 19 °C, elle est déjà en situation de stress.
Pour sauver les truites, quatre opérations de sauvetage ont été menées sur 10 kilomètres de l’Odet depuis le début de l’été 2026. Les truites et petits saumons ont été prélevés dans les zones à sec, dans le secteur de Trégourez, pour être relâchés en aval dans des secteurs plus favorables à leur survie, là où l’eau s’écoule encore. Sans cela, tous ces poissons allaient mourir, par manque d’eau et à cause des températures. On en a sauvé 1 200.
Pour le moment, les pêcheurs n’ont pas constaté de mortalité exceptionnelle. « Nous sommes intervenus à temps », convient Paul Le Noac’h.
Mais il va falloir agir à plus long terme pour sauver durablement les cours d’eau et leurs habitants. Et les pêcheurs, sentinelles des rivières, vont avoir un rôle essentiel. Déjà, lors de l’entretien des rives, ils ont décidé de conserver le maximum d’arbres au dessus de l’eau. « On a constaté des différences de 4 °C à 5 °C sur un même secteur, selon qu’il y avait de l’ombre ou pas sur la rivière. »
Dans l’immédiat, Paul Le Noac’h préfère ne plus utiliser sa canne à pêche, histoire de ne pas enquiquiner davantage les poissons.
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