Crise de l’eau : l’agglo de Lannion risque-t-elle la panne sèche ? (LT.fr-18/08/26)

Le territoire traverse sa pire crise de l’eau depuis 1976. Pas question toutefois, pour le moment, d’envisager une baisse de pression de l’eau ou des coupures. (Illustration Lionel Le Saux/Le Télégramme)

Les élus en charge de l’eau potable ont fait le point, le mardi 18 août, sur l’état de la ressource dans l’agglomération de Lannion-Trégor Communauté. Les baisses de pression ou les coupures d’eau ne sont pas, pour l’heure, envisagées.

Par Morvan LEON

Depuis le vendredi 14 août, l’ensemble du département des Côtes-d’Armor est placé en « crise sécheresse renforcée ». Après avoir participé à des cellules de crise en préfecture, les responsables de la distribution d’eau potable dans l’ouest du département se sont retrouvés, le mardi 18 août, au siège de l’agglomération Lannion-Trégor Communauté (LTC), pour « parler d’une seule voix ».

LTC, sous la responsabilité de Cédric Seureau, a la charge exclusive de 39 de ses communes. Les 19 autres dépendent de syndicats mixtes recouvrant également des communes de Guingamp-Paimpol Agglomération, sous la responsabilité de Jean-Yves Le Corre pour Goas Koll et Traou Long, de Michel Even pour le Jaudy, Gilbert Le Briand pour Kerjaulez, et Alain Luco pour Kerloazec.

Alain Luco, Cédric Seureau, Gilbert Le Briand, Michel Even et Jean-Yves Le Corre sont les élus en charge de la distribution d’eau potable dans l’agglomération Lannion-Trégor Communauté et une partie de Guingamp-Paimpol Agglomération.
Alain Luco, Cédric Seureau, Gilbert Le Briand, Michel Even et Jean-Yves Le Corre sont les élus en charge de la distribution d’eau potable dans l’agglomération Lannion-Trégor Communauté et une partie de Guingamp-Paimpol Agglomération. (Le Télégramme/Morvan Léon)

La pire crise depuis 1976

Ces syndicats dépendant en partie de Guingamp-Paimpol Agglomération, la solidarité est de mise. Le constat ? Le territoire traverse sa pire crise de l’eau depuis 1976. Pas question toutefois, pour le moment, d’envisager une baisse de pression de l’eau ou des coupures. L’interconnexion développée depuis cinquante ans permet de fournir tous les foyers, l’industrie et les agriculteurs, à condition d’être économe.

« Sans cette interconnexion, le secteur desservi par le syndicat mixte du Jaudy connaîtrait des coupures, nous recevons de l’eau provenant de la nappe souterraine de Kerjaulez. Si le débit du Jaudy continue de baisser, on sera entièrement sur Kerjaulez, la quatrième source d’eau du Trégor, après le Léguer, le Jaudy et le Trieux », souligne Michel Even.

La situation inquiète. Au lendemain du passage en crise sécheresse renforcée, la consommation a même connu un pic le 15 août. Un pic marqué en milieu rural : « Les forages dont disposent certains agriculteurs sont maintenant à sec, et ils ont besoin d’eau. »

L’ombre des arbres

Un des enjeux pour l’avenir est d’éviter l’évaporation en période de canicule, explique Cédric Seureau : « On constate des écarts importants de débit entre les zones ensoleillées et celles à l’ombre. Il faut poursuivre nos efforts de plantation d’arbres. » En effet, l’élu lannionnais le reconnaît, après les alertes de 2022, 2025 et 2026, les crises actuelles pourraient devenir la norme.

Les baisses de pression, expliquent les responsables, sont compliquées à gérer sur un territoire vallonné, et il faut assurer la fourniture des hôpitaux, des Ehpad, de l’agriculture et les lances à incendie des pompiers.

Des pistes d’avenir

Parmi les pistes d’avenir, la récupération de pluie pour les usages d’eau non potable, l’identification de carrières de pierre non exploités, pour stocker de l’eau à l’abri de la lumière et la relance d’étude des sites de captage fermés à cause des niveaux de nitrate : « 20 ont fermé sur les 39 connus, nous allons faire des essais sur une dizaine d’entre eux, dans l’espoir de retrouver une ressource perdue. »

Sur les fuites dans les réseaux, LTC a mené de grands chantiers ces dernières années, « mais pas partout », et elles sont maintenant évaluées à 10 ou 12 % en moyenne, contre 20 % il y a six ans.

Les inquiétudes sur l’état de la ressource devraient baisser avec les journées plus courtes, réduisant l’évaporation de l’eau, le départ des touristes et, sans doute, le retour de vraies pluies dans les semaines ou mois à venir.

Source: https://www.letelegramme.fr/cotes-d-armor/lannion-22300/crise-de-leau-lagglo-de-lannion-risque-t-elle-la-panne-seche-7101938.php

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