« Ce sont les arbres plantés récemment qui souffrent le plus » : avec la sécheresse, comment entretenir les espaces verts de la ville de Lorient ? (LT.fr-18/08/26)

Les agents de la Ville de Lorient s’adaptent face à la sécheresse. (Le Télégramme / Constance Decorde)

L’arrêté crise sécheresse du 30 juillet 2026 interdit tout arrosage des espaces verts. Comment la Ville de Lorient s’adapte-t-elle ? Pour en savoir plus, rencontre au parc du Venzu avec Julie Manceau, directrice de l’environnement et de la transition écologique et deux membres de son équipe, Valérie et Franck.

Par Constance DECORDE

Un arrêté crise sécheresse du 30 juillet 2026, interdit tout arrosage des espaces verts dans le Morbihan. « Il n’y a aucune dérogation d’arrosage pour les espaces verts de la ville de Lorient. Même pour notre production horticole sous serre à Kerdroual pour laquelle nous avons donc dû demander une dérogation, sinon tout serait mort. Mais on en consomme le moins possible, soit environ 15m3 d’eau par jour », explique Valérie, responsable du site de production horticole de la Ville.

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« C’est la première fois que ça nous arrive »

« Il y a déjà eu des sécheresses et des canicules auparavant, mais à ce niveau-là, jamais. C’est la première fois que ça arrive ici », constate Julie Manceau, directrice de l’environnement et de la transition écologique de la Ville de Lorient. Alors quelles sont les solutions d’adaptation ? Le réchauffement climatique n’étant pas une nouveauté, différentes pratiques sont déjà mises en œuvre à Lorient, comme le paillage des plates-bandes : les plantes couvrent sol comme le lierre pour garder la fraîcheur. Ou encore, plus récemment, l’installation de sacs à eau de 70 litres au pied des arbres : micro perforés, ils diffusent de l’eau au goutte-à-goutte.

Dans le parc de Venzu, du paillage sur le sol.
Dans le parc de Venzu, du paillage sur le sol. (Le Télégramme/Constance Decorde)

« Mais le problème c’est qu’ils sont vides et qu’on ne peut pas les remplir », continue Valérie. « Si les arbres adultes ont de grandes capacités de survie, un tout jeune spécimen a besoin de 80 litres tous les quinze jours en période estivale. Ce sont donc les arbres, plantés récemment, qui souffrent le plus de cette situation, et certains pourraient ne pas repartir » se désole l’employée municipale.

Pour encourager une meilleure reprise des jeunes arbres, le protocole fosse a été revu : la taille est agrandie, le mélange terre pierre est amélioré pour ralentir le tassement, et autour, la découpe de l’enrobé en goudron est généralisée.

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Adapter la palette d’essence et les réserves d’eau

Aujourd’hui, à part tailler tout ce qui est séché sur les plantes, couper les inflorescences pour éviter de gaspiller leur énergie et éviter l’évapotranspiration, rien ne peut réellement être fait. Mais il faut impérativement trouver des solutions pour demain. « Nous devons adapter la palette d’essences que nous plantons. Celles qui supportent le mieux la chaleur seront privilégiées : albizia – aussi appelé l’arbre à soie – olivier, figuier, chêne-liège, laurier-rose, lila des indes sont des espèces résistantes. Et en plus, elles font de l’ombre ! Le palmier par contre ne devra pas être replanté », précise Valérie. « Il faudra aussi installer plus de récupérateurs d’eau : nous avons déjà prévu de mettre deux cuves de 250m3 cet hiver. Mais aussi des citernes souples comme celles des pompiers. Et utiliser de l’eau de toiture et des stations d’épuration. Pour tout cela, l’État doit aider ».

Dans le parc du Venzu, du Laurier-Rose.
Dans le parc du Venzu, du Laurier-Rose. (Le Télégramme/Constance Decorde)

S’adapter aux saisons

Selon Franck, agent de maîtrise du secteur de Kervénanec, du côté des fleurs, il y aura aussi beaucoup à faire : « Le cycle habituel était le suivant : on plantait des bisannuels comme les pensées à l’automne, elles fleurissaient au printemps ; on arrachait en mai et on plantait les annuelles (gaura, verveine, sauge) qui fleurissaient tout l’été. Ça, c’est fini ». Les équipes municipales vont devoir remplacer totalement les plantes bisannuelles comme le pavot et la pensée par des vivaces comme le dianthus, la rudbekia ou la gaillarde. Faire du durable, de l’adapté.

« On pourra quand même aller chercher des variétés jolies comme la rose de l’hiver, ou les hellébores. Mais que des fleurs de saison. Il y a urgence, on pensait avoir plus de temps, mais non », conclut Valérie.

Le parc du Venzu (Le Télégramme/Constance Decorde)

Source: https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient-56100/ce-sont-les-arbres-plantes-recemment-qui-souffrent-le-plus-avec-la-secheresse-comment-entretenir-les-espaces-verts-de-la-ville-de-lorient-7101959.php

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