
Durement frappés par la sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois en France, les producteurs de pommes de terre anticipent l’une des plus fortes baisses de production jamais enregistrées, annonce l’UNPT, lundi 24 août, dans un communiqué. Ils réclament un soutien « exceptionnel » de l’État.
Par la rédaction de l’Huma
Les cinq épisodes successifs de canicule, couplés à un déficit hydrique exceptionnel, pourraient avoir raison de la production française de pommes de terre. L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) alerte, lundi 24 août, sur une prochaine « baisse massive de la production française de l’ordre de -23 % en un an ».
« Cette campagne pourrait marquer l’un des plus importants décrochages de production jamais enregistrés pour la pomme de terre française, estime l’UNPT, avec le plus faible rendement observé depuis plus de trente ans. » Avec un rendement moyen national des pommes de terre de consommation de 37,4 tonnes par hectare, contre 43,5 t/ha en 2025 (-14 %), cette chute serait encore plus importante que celle provoquée par la sécheresse historique de 2022.
Des pertes « évaluées à au moins 400 millions d’euros »
« Au regard de l’ampleur potentielle des pertes économiques pour les producteurs, évaluées à ce stade par l’UNPT à au moins 400 millions d’euros », les producteurs « demandent à l’État d’anticiper dès maintenant un dispositif exceptionnel de soutien aux producteurs les plus durement touchés ». Le 5 août, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un « plan global » d’accompagnement face aux conséquences des épisodes caniculaires.
Ce dernier propose une prise en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées… Mais sans chiffrer le montant des aides envisagées.
Outre une sécheresse des sols déjà à des niveaux historiques, des incendies ont ravagé des hectares de végétation et de cultures dans plusieurs régions françaises. Pour les producteurs de pommes de terre, ce choc climatique intervient alors qu’ils avaient déjà dû réduire leurs surfaces de production, « de 10 % en France et -11 % en Europe du Nord-Ouest », après la surproduction de 2025.
Enfin, les producteurs de pommes de terre soulignent que « la baisse des rendements signifie qu’une partie des volumes contractualisés ne pourra tout simplement pas être produite ». Ils demandent que les volumes contractuels soient adaptés à la réalité de la récolte et au « gouvernement d’engager un dialogue déterminé », par exemple avec ses homologues européens, pour ne pas « subir la double peine » ou risquer des différends commerciaux.
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