
Coupures d’eau à l’île de Sein, bouteilles distribuées à Trégarvan, baisse de pression à Morlaix ou Concarneau… Si tout le Finistère reste placé en « crise sécheresse », la situation de l’eau potable diffère fortement d’un territoire à l’autre. Tour d’horizon.
Par les rédactions OF du Finistère
Les quelques pluies tombées ces derniers jours n’auront pas suffi. Mercredi 19 août 2026, le Finistère a été maintenu en « crise sécheresse », le niveau d’alerte le plus élevé. Déficit hydrique, canicules et consommations estivales ont considérablement réduit les ressources. La préfecture estime que le risque de rupture de l’alimentation en eau potable est avéré
. Mais les situations diffèrent fortement selon les territoires.
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Là où la situation est la plus critique
Deux situations particulières ont déjà conduit à des mesures exceptionnelles. À l’île de Sein, dépendante de ses osmoseurs, la panne d’un équipement a entraîné des coupures nocturnes, de 22 h à 7 h, puis en journée.
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À Trégarvan, des bouteilles sont distribuées depuis le 12 août. Les livraisons par camions-citernes ont toutefois été suspendues après une baisse de la consommation. Une petite amélioration mais la situation reste fragile
, résume Jean-Marc Cornillou, vice-président de la communauté de communes Pleyben – Châteaulin -Porzay en charge de l’eau et de l’assainissement.
Ailleurs, c’est la faiblesse de la ressource qui pousse les réseaux à leurs limites. À Morlaix Communauté, 3 500 habitants sur 40 000 subissent déjà une baisse de pression, économisant 120 m³ par jour. Le dispositif doit être étendu. Il a un peu plu, mais on n’est pas tirés d’affaire
, prévient Guy Pennec, président d’An Dour. Pour son directeur, Frédéric Coulombel, le risque actuel, c’est celui d’une vraie pénurie d’eau
.
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La baisse de pression est également utilisée à Concarneau, qui dépend à 90 % du Moros. Le débit de la rivière est désormais proche du volume prélevé quotidiennement et la mesure a été étendue à de nouveaux secteurs, samedi.
Les réserves inquiètent
Plus à l’ouest, les réserves inquiètent. En pays d’Iroise, l’étang de Kerescar, à Ploumoguer, est passé de 140 000 à 50 000 m³ depuis début juillet. L’usine de Kermorvan pourrait donc fortement réduire sa production, voire s’arrêter. Il est primordial de réduire sa consommation d’eau
, alerte David Carrega, vice-président de l’inercommunalité chargé de l’eau. Tout ce qu’on peut économiser aujourd’hui nous servira demain.
La tension gagne aussi le centre du département. Le syndicat des eaux du Poher est en tension
, selon son président, Yvon Coquil. Notre principale ressource est l’Aulne sauvage, alimentée par les lâchers du barrage de Brennilis. Son niveau est plus bas qu’en 2022 à la même période.
Un point avec plusieurs producteurs d’eau est prévu mardi.
Sous tension, mais sans menace immédiate de rupture
D’autres territoires disposent encore de davantage de marge. Dans le pays de Quimperlé, malgré des niveaux jamais rencontrés
sur l’Ellé, l’Isole et l’Aven, aucune coupure ou baisse de pression n’est prévue. Les piscines de Quimperlé et Scaër ferment toutefois jusqu’au 6 septembre, permettant d’économiser 40 m³ par jour.
Plus à l’ouest, le pays fouesnantais tient également, malgré une situation tendue
, mais pas critique
, selon Roger Le Goff, président de la communauté de communes. Trois nouveaux forages et les prélèvements dans l’Aulne permettent pour l’heure d’éviter toute baisse de pression. Même constat dans le Pays bigouden, où la ressource reste sous tension, sans mesure supplémentaire annoncée sur l’alimentation en eau potable.
À Douarnenez, l’autonomie du territoire offre davantage de visibilité. La situation reste précaire
, mais on a la chance d’être plus autonome que certains
, souligne Jean-Loup Thivet, maire adjoint. Les réserves permettraient de tenir jusqu’à fin septembre.
Pas de rupture en presqu’île et dans les Monts d’Arrée
La presqu’île de Crozon reste, elle, dans une position plus inconfortable. Alors que 80 % de l’eau consommée provient désormais de l’Aulne, la pression a été abaissée à Crozon. Les efforts entrepris depuis des semaines commencent à payer
, constate néanmoins Jean-Michel Lezenven, vice-président de la communauté de communes délégué à l’eau. L’ouverture de la vanne de fond du barrage Saint-Michel pourrait être examinée mardi.
Les enseignements de 2022 permettent aussi à certains de mieux résister, comme dans les monts d’Arrée. Actuellement, nous n’avons pas de rupture
, confirme Jean-François Dumonteil, président de l’intercommunalité. Mais La Feuillée et Botmeur sont surveillées car elles ne peuvent être réalimentées compte tenu de leur altitude par les autres ressources du territoire
. Un captage, actuellement en essai, pourrait être mis en service par sécurité ; des discussions sont en cours avec l’Agence régionale de santé.
Là où les réserves permettent encore de tenir
Le lac du Drennec sécurise aussi largement l’approvisionnement de Brest. On n’a jamais connu un niveau aussi bas, mais dans l’immédiat, il n’y a pas d’alerte grave
, indique Philippe Rybski, directeur du syndicat du bassin de l’Élorn. Le territoire parvient même à soutenir le Haut et le Bas-Léon.
Quimper dispose également d’un précieux matelas de sécurité. Si la situation est jugée sérieuse
, aucune baisse de pression n’est envisagée. L’ancienne carrière de Kerrous, à Ergué-Gabéric, contient encore environ un million de mètres cubes d’eau. Pas d’inquiétude non plus à Carhaix.
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Et dans le Cap-Sizun, la pression commence même à retomber. La consommation a baissé de 500 m³ par jour en une semaine. Le grand départ des vacanciers va nous permettre de souffler un peu
, estime Yvan Moullec. La remontée du Goyen et le recours prochain à la carrière de Confort-Meilars éloignent aussi le risque de coupures.
Une amélioration qui ne signifie pas la fin de la crise. Dans tout le département, les restrictions restent en vigueur et la préfecture appelle à poursuivre les économies d’eau. Les pluies seront particulièrement attendues : après des mois de déficit, quelques averses ne suffiront pas à reconstituer durablement les réserves.
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Article nul en ce qui concerne Quimper: Kerrous se vide allègrement et les pressions diminuent aussi ici! Digne de ouest torchon!