
Le Gouffre, sa petite maison enserrée entre les rochers, son étang… Ce paysage de carte postale fait le bonheur de plusieurs dizaines de milliers de promeneurs chaque année à Plougrescant, dans les Côtes-d’Armor. Mais l’état de son étang, particulièrement à sec en cet été 2026, ne manque pas d’interpeller les marcheurs. Et pour cause : ce phénomène, qui survient en période de sécheresse, s’avère plus régulier depuis 2022.
Par Céline MARTIN
Été comme hiver, les promeneurs y viennent nombreux contempler sa beauté sauvage. Fréquenté par 200 000 personnes chaque année, le site du Gouffre à Plougrescant, dans les Côtes-d’Armor, constitue l’un des attraits majeurs du département, avec sa célèbre petite maison blottie entre les rochers. Mais cet été, le site offre la vision d’un étang particulièrement à sec. Et ce, quelle que soit la marée. De quoi interpeller l’œil des marcheurs et surtout celui des habitués.
Propriétaire des lieux, le Conservatoire du littoral veille sur ce site de 11 hectares, qui a fait récemment l’objet de plusieurs mois de travaux d’aménagement. Le remplissage de la grande lagune s’effectue avec l’apport des précipitations (ruissellement des eaux de pluie) et l’eau de mer (elle passe à travers le cordon de galets dans certaines conditions : vent et pleine mer en cas de coefficient supérieur à 90)
, explique Anne-Sophie Moreau, à la Maison du littoral.
Une situation inédite qui se répète
Mais ce remplissage naturel s’avère contrarié cette année, comme le relève la professionnelle : Depuis le printemps, les conditions de remplissage ne sont plus réunies. S’il y a eu des coefficients supérieurs à 90, nous n’avons pas eu de vent.
L’étang n’a pas pu bénéficier de l’apport d’eau de mer arrivant par submersion marine et par paquets de mer avec les marées et/ou tempêtes.
De plus, au manque de précipitations s’est ajoutée une très forte évaporation sous l’effet des fortes chaleurs printanières puis estivales.
En résulte cet assec à un niveau drastiquement bas
.
Observatrice privilégiée de cet espace littoral naturel, la guide témoigne d’une situation qui se dégrade. À mon arrivée en 2006, l’étang avait connu un niveau bas qui n’avait plus été observé jusqu’en 2022. Mais depuis, l’étang a traversé au moins trois périodes à sec en raison de très fortes chaleurs estivales.
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« L’anguille impactée »
Lannion-Trégor communauté (LTC), qui gère le site du Gouffre de Castel Meur, confirme que lorsque l’évaporation est supérieure aux arrivées d’eau, les niveaux d’eau diminuent jusqu’à l’assèchement de la lagune. Ce phénomène arrive de temps en temps en période de sécheresse et est plus régulier depuis 2022
.
Un mal sans conséquence, cet assèchement ? Ou bien a-t-il une incidence sur l’écosystème ? La fluctuation du niveau de l’étang et de sa salinité rend les conditions de vie de ce milieu saumâtre difficiles. Néanmoins, on avait pu y observer la présence de l’anguille, hélas impactée par cette sécheresse
, informe Anne-Sophie Moreau.
La ruppie maritime, dont la bernache cravant s’avère friande au moment de son hivernage, pourrait elle aussi faire les frais de cet assèchement prolongé de l’étang. Les gardes du littoral ne manqueront pas de surveiller de près le sort de cette plante aquatique dont la fragilisation, voire la disparition de l’étang, pourrait avoir une incidence sur la présence de l’oie.
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