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Des torrents d’eau boueuse ont déferlé ce mercredi 26 août, dans le nord du Népal, près de la frontière avec le Tibet. Selon un premier bilan donné par la police, au moins 362 personnes sont mortes, et 1 400 personnes sont encore portées disparus, dont 517 ressortissants étrangers.
Par Zubeyde CACAN, Axel NODINOT
Le bilan humain ne cesse de s’alourdir après les crues soudaines qui ont frappé le nord du Népal dans la matinée du mercredi 26 août. Dans le district de Rasuwa, frontalier du xian (comté) de Gyirong, dans le Tibet chinois, le débordement de la rivière Bhote Koshi a emporté des habitations, des véhicules, des routes et des infrastructures hydroélectriques. Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la crue a été provoquée par un effondrement de glacier, d’une violence telle qu’il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et des glissements de terrain.
Dans un premier temps, les médias d’État chinois ont fait état d’un glissement de terrain du côté tibétain de la frontière, près du poste-frontière de Gyirong situé à 1 800 m d’altitude, évoquant 3 morts et 265 disparus. Puis le Népal a à son tour été touché, la crue balayant la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l’est de la capitale.
Au moins 362 morts
Des vidéos diffusées par la police népalaise et Reuters, relayées sur les réseaux sociaux, montrent la puissance des flots, charriant des tonnes de boue. Sur les images satellites, les deux cours d’eau sont deux à trois fois plus larges qu’avant la catastrophe. Le poste-frontière de Gyirong justement, situé dans une petite vallée qui sépare les montagnes frontalières sino-népalaises, apparaît submergé de boue, de terre et de débris sur les vidéos amateurs prises en hauteur, alors que de nombreuses personnes fuyaient encore en courant, en vain

Les médias chinois font état de « nombreuses victimes et disparus », dans une zone fréquentée par de nombreux touristes et convois commerciaux : cinq des six points d’échanges entre les deux pays se trouvent dans la préfecture de Shigatse. Vingt-quatre heures après le passage de ce mini-tsunami, les autorités népalaises restaient jeudi sans nouvelle de 910 personnes, selon l’autorité népalaise en charge des situations d’urgence. Parmi eux figurent 517 ressortissants étrangers.
De l’autre côté de la frontière, inaccessible aux journalistes étrangers, les médias d’État chinois ont rapporté que 558 personnes, dont 260 étrangers, étaient toujours disparues après le passage des « torrents de boue » qui ont enseveli Gyirong Port.
Fait rare, le président chinois Xi Jinping s’est exprimé peu après la catastrophe. « La priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes », a-t-il déclaré. L’Inde, rivale de la Chine, « se tient aux côtés de ses frères et sœurs népalais », a également affirmé le premier ministre, Narendra Modi.
Parmi les ressortissants étrangers disparus figurent 178 Indiens, 65 Américains, 53 Ukrainiens, 51 Malaisiens, 33 Britanniques, 25 Canadiens, 15 Australiens et 12 Israéliens, a détaillé le bureau du tourisme népalais. Quatre Français étaient également portés disparus.
Un accès ardu aux zones sinistrées
L’armée népalaise a déployé dans la journée des soldats et des hélicoptères pour participer aux opérations de recherches et de secours, complexifiées par l’ampleur des dégâts et le relief montagneux autour des zones sinistrées. Le premier ministre népalais, Balendra Shah, élu en mars 2026, a convoqué une réunion d’urgence et annoncé la mobilisation des équipes médicales, de recherche et de la Croix-Rouge.
« Vous n’êtes pas seuls, a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. S’il vous plaît, soyez patients. (…) En cas de catastrophe de cette ampleur, nous devons tous tenir ensemble. »
Quelque 300 membres du personnel de China Anneng Construction Group, une entreprise d’État du bâtiment, mobilisent des drones, des lasers thermiques et des engins pour déblayer les décombres, qui recouvrent les routes sur les photos publiées sur les réseaux sociaux. Plusieurs installations électriques, dont des barrages et des centrales solaires, ont également été endommagées, provoquant des coupures de courant.
Des moyens d’aide internationaux ont commencé à être envoyés dès mercredi au Népal. Les États-Unis se sont engagés à verser 500 000 dollars (environ 429 000 euros) d’aide d’urgence. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a débloqué un peu plus d’un million d’euros de fonds d’urgence. L’Union européenne a indiqué avoir activé son système de surveillance par satellite, Copernicus, pour aider les secouristes au Népal, et s’est dite prête à fournir davantage d’aide. L’Inde voisine a envoyé 10 tonnes d’aide humanitaire, incluant des couvertures, des lampes solaires et des médicaments.
La région, particulièrement exposée aux crues et aux glissements de terrain, avait déjà subi des inondations meurtrières l’an dernier. Une catastrophe accrue par le réchauffement climatique, qui accélère la fonte des glaces himalayennes et dérègle les cycles de la mousson en Asie du Sud.
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