Guerre en Iran : les bombardements reprennent, le détroit d’Ormuz toujours bloqué (H.fr-31/08/26)

Le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, six mois après le début de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. © REUTERS/Stringer

En attaquant des sites militaires ce dimanche, les États-Unis ont montré les incertitudes de leur stratégie mais surtout leur préoccupation première, qui aujourd’hui réside dans le passage du pétrole et du gaz, levier de pression pour Téhéran et enjeu économique mondial.

Par Pierre BARBANCEY

S’agissant de l’Iran, la stratégie de Donald Trump montre son inconsistance. Comme si, tel un boxeur en position de domination, la première puissance mondiale – économique et militaire – semblait incapable d’imposer son ordre. On sait que, lors du déclenchement de la guerre, le 28 février, le président états-unien s’était voulu rassurant vis-à-vis de ses compatriotes (et électeurs), en prétendant que celle-ci ne durerait pas plus de six semaines. Las, six mois après, le conflit demeure latent, menaçant toujours de faire basculer l’ensemble du Moyen-Orient dans un chaos aux conséquences incalculables, y compris pour le reste du monde.

Dimanche, les forces américaines ont frappé des lance-roquettes iraniens situés dans le détroit d’Ormuz, menant leur première opération militaire depuis un mois et rompant ainsi une accalmie dans ce conflit intermittent. L’Iran a, par la suite, annoncé avoir tiré des missiles sur des sites américains en Jordanie.

Les responsables militaires états-uniens, dans un sombre jeu du chat et de la souris, ont contesté l’affirmation de l’Iran selon laquelle les récentes frappes américaines constituaient un acte d’agression, les qualifiant plutôt d’« action limitée et précise » visant des forces soupçonnées de poser des mines.

Or, cette attaque survient quelques jours seulement après que l’administration Trump a annoncé vouloir privilégier une pression économique accrue – plutôt qu’une action militaire – pour tenter de mettre fin à la guerre contre l’Iran. Un changement de stratégie qui repose sur la menace de sanctions contre tout pays ou entité continuant à commercer avec Téhéran, stratégie qui s’est immédiatement heurtée aux dénonciations de la Chine.

Des buts de guerre à géométrie variable

Pour Washington, la priorité ne réside plus – comme Donald Trump l’expliquait en février – dans le démantèlement du programme nucléaire iranien, la limitation de sa capacité à attaquer ses rivaux régionaux et le fait de créer les conditions permettant aux Iraniens de renverser leurs dirigeants, mais dans le déblocage du détroit d’Ormuz, levier de pression iranien et enjeu économique mondial. Paradoxe : avant la guerre, le passage était libre. Il est maintenant presque totalement réduit et l’Iran entend maintenant percevoir un droit pour le transit des navires marchands.

Un retour à un conflit ouvert serait dangereux pour la région. Mais rien n’empêche Washington, pressé de présenter un semblant de réussite de cet épisode guerrier aux électeurs américains, de poursuivre son harcèlement létal. Une attitude qui fait un peu désordre et montre toujours plus qu’au Moyen-Orient les États-Unis ne sont plus la force dominante et protectrice.

Trump a déclaré à plusieurs reprises que « le détroit d’Ormuz est ouvert », affirmant que 24 navires l’ont traversé la semaine dernière. Mais cela ne représente qu’une fraction des quelque 130 navires qui transitaient quotidiennement avant le début de la guerre. Les frappes de dimanche ne visent qu’à persuader l’opinion publique états-unienne que tout est sous contrôle. Trump pratique la méthode Coué sans retenue.

Source: https://www.humanite.fr/monde/detroit-dormuz/guerre-en-iran-les-bombardements-reprennent-le-detroit-dormuz-toujours-bloque

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