« J’ai vécu ce qu’il s’est passé le 6 août 1944 » : à 91 ans, Jean Le Glouet se souvient de la Libération de Lochrist (OF.fr-31/08/26)

Jean Le Glouet, 91 ans, n’a jamais quitté la commune. | OUEST-FRANCE

Jean Le Glouet, 91 ans, est une mémoire de Lochrist (Morbihan), commune qu’il n’a jamais quittée. Cet été, il s’est plongé dans l’histoire de la commune et notamment les récits de la Seconde Guerre mondiale. De quoi raviver des souvenirs.

J’ai vécu tout ce qu’il s’est passé et ce n’est pas ce qui est écrit. Si Jean Le Glouet n’avait que 9 ans en 1944, ses souvenirs sont bien restés précis. À 91 ans, il est devenu une mémoire de Lochrist (Morbihan), commune qu’il n’a jamais quittée. Il a d’ailleurs livré plusieurs témoignages dans le récent ouvrage « Vivre la guerre à Inzinzac-Lochrist, aux Forges et dans les campagnes ». Cet été, la canicule l’obligeant à limiter ses sorties, il s’est plongé sur Internet dans l’histoire de la commune et les récits de la Seconde Guerre mondiale. Dont certains pas toujours justes.

Après le débarquement du 6 juin 1944, les soldats allemands qui occupaient les deux écoles de la commune quittent les lieux pour rejoindre la Normandie. Quelques jours plus tard, d’autres hommes arrivent, sans uniformes allemands. La population les appelle les Russes blancs »,précise Jean Le Glouet, eux qui auraient aimé rebaptiser la commune le petit Moscou et qui terrorisaient les habitants, courant de fermes en fermes, à la tombée de la nuit, à la recherche d’eau-de-vie. Une des écoles reste toutefois libre. Un jeune instituteur, Joseph Jégourel, obtient l’autorisation d’y enseigner.

La population évacuée

L’homme se souvient des journées de classe, le matin et des après-midi consacrés aux jeux et aux promenades dans le bois de Trémelin. Jusqu’à ce 6 août 1944. Si des textes affirment que, début août 1944, les Américains auraient tenté de libérer Lochrist avant d’être repoussés par les Allemands, Jean Le Glouet conteste cette version.

Entre 11 h 30 et midi, trois militaires entrent dans la classe. Ils portent des uniformes français : ce sont des FFI. Ils demandent à l’instituteur de renvoyer les enfants chez eux… Une opération pour libérer Lochrist doit être lancée à 14 h. À 14 h 30, tout était terminé.. Les Russes blancs, environ une centaine, capturés, blessés ou morts, ont été rassemblés sur le pont de Langroix.

La guerre, elle ne s’arrête pas là. Les Allemands se replient vers Lorient. Les chars américains quittent le secteur, l’artillerie prend position et les échanges de tirs se poursuivent. La population est évacuée.

Avec sa mère, Jean Le Glouet trouve refuge au moulin de Boconan, à Bubry. Près de soixante-dix personnes y seront accueillies jusqu’à la Libération, en mai 1945. De cette période difficile, il conserve paradoxalement un souvenir heureux : Le moment le plus heureux que j’ai vécu pendant la Guerre, c’est là-bas, parce que je n’avais plus faim.

Source: https://www.ouest-france.fr/bretagne/inzinzac-lochrist-56650/jai-vecu-ce-quil-sest-passe-le-6-aout-1944-a-91-ans-jean-le-glouet-se-souvient-de-la-liberation-de-lochrist-66915202-a20a-11f1-ad5a-0ef43bab169e

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