TVA sociale : la secrétaire générale de la CFDT Marylise León ferme la porte et pointe « la responsabilité des employeurs » sur les salaires (H.fr-3/09/26)

Les enjeux de rémunération seront fondamentaux dans le dispositif présidentiel de la centrale syndicale dirigée par Marylise Léon. © Eric TSCHAEN/REA

Invitée de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis) ce 3 septembre, la secrétaire générale de la CFDT se dit ouverte à l’idée d’interroger les financements de la protection sociale, notamment par une taxation de l’héritage, tout en excluant une TVA sociale.

Par Naïm SAKHI

En cette rentrée sociale, Marylise Léon a fixé le cap de la CFDT. Lors d’un grand rendez-vous de l’association des journalistes de l’information sociale (Ajis), la secrétaire générale de la centrale a pointé « la responsabilité des employeurs » sur le pouvoir d’achat. « Les effets de l’accord sur le partage de la valeur ne sont pas au rendez-vous », observe la cédétiste, qui a rappelé que 126 branches professionnelles ont des minimas en dessous du Smic. L’accord négocié en 2023, signé par l’ensemble des organisations syndicales et patronales hors CGT, devait favoriser l’accès à des primes de partage de la valeur et d’intéressement, pour les salariés du privé.

Pour la centrale syndicale, les enjeux de rémunération seront fondamentaux dans son dispositif présidentiel. « Les salaires ne reconnaissent pas les compétences et le travail réellement effectué. C’est aussi vrai dans la fonction publique », souligne-t-elle. La CFDT sera partie prenante de la mobilisation unitaire pour le dégel du point d’indice, le 29 septembre. En outre, Marylise Léon réclame que la loi de transposition de la directive européenne sur la transparence salariale soit adoptée par le Parlement, avec les scrutins de 2027.

Sur les retraites, l’exécutif doit « assumer »

Sur le dossier sensible des retraites, la CFDT ne ferme pas la porte à une désindexation des pensions. Lors du conclave de 2025, la centrale était favorable à cette mesure, en échange d’une reconnaissance de la pénibilité. « Les deals ne sont pas à la carte, prévient cependant Marylise Léon. La désindexation est un choix politique que le gouvernement devra assumer. »

Une réponse directe adressée à Jean-Pierre Farandou. Le ministre du Travail propose de confier aux organisations syndicales et patronales le soin de s’accorder sur les revalorisations sur le modèle des retraites complémentaires Agirc-Arrco. Sur ces dernières, la CFDT s’oppose d’ailleurs au gel voulu par le patronat, « compte tenu des 90 milliards de réserve », dont dispose ce fond géré par les syndicats et les organisations patronales.

Par ailleurs, la secrétaire générale de la CFDT rappelle son opposition à une TVA sociale, en échange d’une baisse des cotisations, pour financer les régimes sociaux. « La TVA n’est pas progressive », en fonction des revenus, insiste la responsable syndicale. Qui fustige les discours patronaux « voulant rapprocher les salaires net du brut, sous prétexte d’améliorer le pouvoir d’achat, sans réfléchir au financement du modèle social ».

En revanche, Marylise Léon se dit favorable à une hausse d’un point de la CSG, ainsi qu’à une réforme de l’impôt de succession, avec une taxe progressive « dès le 1er euro ». « L’héritage est ce qu’il y a de plus injuste dans une société, note Marylise Léon. 86 % des successions se font sans imposition, alors que 900 milliards d’euros doivent être transmis d’ici 2040. Il faut saisir cette manne ».

« Le Code du travail dispose que c’est au travail de s’adapter à l’homme »

S’agissant des arrêts maladies, la cédétiste rappelle que « le code du travail dispose que c’est au travail de s’adapter à l’homme et non l’inverse ». Ce jeudi, les Echos révèlent que l’exécutif entend revoir par décret le régime dérogatoire accordé aux patients bénéficiant d’une pause professionnelle de plus de six mois mais qui ne souffrent pas d’une maladie chronique. Le projet de décret prévoit aussi de pénaliser un assuré qui chercherait à « obtenir de manière injustifiée des prescriptions d’arrêts de travail sans lien avec son état de santé ».

Pour Marylise Léon, « il demeure un fantasme simpliste, chez les responsables politiques, persuadés de résoudre avec autorité ces problèmes en punissant davantage ». Au contraire, la cédétiste invite les responsables patronaux et politiques à « prendre la peine d’analyser pourquoi les arrêts de travail explosent plutôt que de punir les malades ».

Source: https://www.humanite.fr/social-et-economie/cfdt/tva-sociale-la-secretaire-generale-de-la-cfdt-marylise-leon-ferme-la-porte-et-pointe-la-responsabilite-des-employeurs-sur-les-salaires

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Un commentaire

  1. Eh bien , ce n’est pas avec elle que l’on va s’associer! Augmenter les impôts des riches (0,1 %)
    ne semble pas la motiver!

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