
Depuis quelques années, l’association Ampaséo regroupe des victimes d’un instituteur religieux et pédocriminel de Loctudy (Finistère) et d’Issé (Loire-Atlantique). L’œuvre d’une de leur membre sera remise au Pape Léon XIV lors de son séjour en France. Elle rend un hommage « aux victimes silencieuses ».
Par Anaëlle BERRE
Ça fait des ravages.
Quand elles avaient neuf ans, Michèle, Ghislaine, Marie-Pierre et Raymonde étaient camarades de classe, à l’école Saint-Tudy de Loctudy, à la fin des années 1960. Elles, comme d’autres enfants de l’établissement, étaient aussi les victimes de leur instituteur pédo-criminel, le frère Gabriel Girard. Avant elles, des garçons d’une école d’Issé (44) avaient vécu les mêmes horreurs, alors que le frère était protégé et couvert par sa hiérarchie.
Ces anciens élèves d’Issé et de Loctudy on prit la parole depuis 2021 et créé l’association Ampaseo (association pour la mémoire et la prévention des abus sexuels dans l’Église catholique de l’Ouest) en 2023, juste avant de pouvoir rencontrer le pape François.
Une œuvre pour Léon XIV
Dans quelques jours, c’est le Pape Léon XIV qui aura de leurs nouvelles grâce à une œuvre de Raymonde : une boîte à lumière. Cette dernière, en vitrail, représente une Bigoudène portant deux enfants, avec à ses pieds des oies, symbole de la protection et de la vigilance
, sourit Ghislaine.
Michèle et Raymonde insistent : Cette boîte à lumière est un hommage aux victimes silencieuses, celles qui se sont suicidées, qui ne peuvent pas parler.
Ces violences sexuelles et viols perpétrés régulièrement dans leur enfance « ont brisé nos ailes »
, nous ont laissés dans une immense solitude
. Face à l’horreur, les enfants terrorisés
ont aussi dû subir l’omerta, on protégeait le pédo-criminel, pas les enfants. Nous, on nous promettait l’enfer si on parlait
. Un traumatisme qui poursuit les adultes qu’ils deviennent.
Que l’Église « s’en saisisse à bras-le-corps »
Lors de sa visite à Paris, fin septembre, Léon XIV ne recevra que sept victimes, dont les quatre femmes ne feront pas partie. Mais c’est bien une victime de violences sexuelles au sein de l’Église qui lui remettra notre boîte à lumière
, assure Michèle. Qu’attendent-elles désormais ? La reconnaissance et la réparation
, lance Michèle.
Avec l’œuvre de Raymonde, elles entendent rappeler au Vatican qu’il faut s’occuper des victimes. On ne veut plus que l’Église avance à petits pas, on veut qu’elle s’en saisisse à bras-le-corps
, assurent-elles, déterminées.
URL de cet article : https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=108355&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
