
Nouveauté de la rentrée 2026 au collège Saint-Louis à Lorient (Morbihan), les élèves doivent désormais glisser leur téléphone portable dans une pochette anti-ondes. Cet objet magnétique empêche toute utilisation dans l’établissement. Reportage.
Par Thibault BURBAN
Juste avant de franchir le portail du collège Saint-Louis, dans le centre de Lorient, Eda Makas, 11 ans, glisse son téléphone portable dans une pochette magnétique noire. Elle appuie sur le petit bouton pressoir situé en haut pour fermer le tout. Et hop, dans le sac. Seuls des aimants, situés à la sortie, permettent de rouvrir l’ensemble. En vrai, c’est trop bien, ça enlève la tentation de le regarder en cours
, lance celle qui vient de faire sa rentrée en sixième.
Non loin, Yoann Du, conseiller principal d’éducation, veille à la bonne application de ce nouveau rituel, institué à la rentrée dans cet établissement accueillant 455 collégiens. C’est lui qui en est à l’origine. On effectue un travail de pédagogie mais les élèves ont déjà bien pris le pli, observe le CPE. Près de 200 établissements scolaires en ont désormais en France. La loi de 2018 interdisait l’utilisation des téléphones portables, mais pas la possession au sein des établissements scolaires. Et là, il y a une mise à jour avec une interdiction physique, y compris au sein des établissements, de la primaire au lycée. On avait anticipé en passant cette commande fin juin, parce qu’on avait eu quelques soucis avec des téléphones portables.
Une fois à l’intérieur, comme en mode avion
Élèves enfermés dans les toilettes pour jouer sur leur smartphone, réseaux sociaux, notifications qui déconcentrent en cours… Pour contrer ces problématiques, Yoann Du a vu ces pochettes magnétiques, anti-ondes, comme la meilleure solution. Une fois dedans, c’est comme si le téléphone était en mode avion
, illustre Nicolas Carré, proviseur du collège Saint-Louis à Lorient.
Ces pochettes permettent aussi d’avoir son téléphone avant d’arriver dans l’établissement et surtout après. C’est un moyen de rassurer les parents
, complète Yoann Du. Les adolescents ont quatre aimants disposés sur des murs au niveau de la sortie pour déverrouiller.
« Qui dit tranquillité dit possibilité d’apprentissage »
Ces pochettes ont été intégrées cette année dans les fournitures scolaires. Ça revient à 3,50 € par an pour un élève sur toute sa scolarité. Cela représente un investissement d’environ 6 000 à 7 000 euros pour le collège, ce n’est pas rien, chiffre le proviseur. Mais cet outil-là peut aussi nous pourrir la vie. 90 % de nos conseils de discipline de l’an dernier ont pour origine le portable. Nous, on a des angles morts, les toilettes, les vestiaires. Mon rôle est d’assurer la sécurité des élèves, leur sérénité, d’être prévenant de leur santé, physique mais aussi mentale. Qui dit tranquillité, dit possibilité d’apprentissage. C’est important à cet âge.
Pour certains jeunes n’ayant pas encore de portable, l’établissement a prévu de faire signer une charte aux parents les engageant à prendre une pochette dès lors que la situation de l’élève évolue
. Et il y en aura bien un ou deux qui arriveront avec leur deuxième portable fonctionnel dans le cartable. Mais en termes de sanctions, on a aussi renforcé le niveau. Désormais, un portable, c’est un avertissement. On est au même titre que le collégien qui viendrait ici et allumerait une cigarette.
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