
Une cérémonie a eu lieu à l’hôpital Ponchelet, rue Jules-Guesde à Brest (Finistère), ce mardi 8 septembre 2026. Derrière la porte condamnée, un abri souterrain, moins connu que Sadi-Carnot. Élus, résidents de l’Ehpad et anciens combattants ont rappelé son histoire, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Par Lucile VANWEYDEVELDT
Des drapeaux bleu, blanc, rouge, des résidents de la maison de retraite, des anciens combattants et des élus avec le maire de Brest (Finistère), Stéphane Roudaut, en tête. Dans le cadre de la « Journée des abris », célébrée chaque année, une cérémonie a eu lieu à la porte de l’abri de défense passive Ponchelet, rue Jules-Guesde, mardi 8 septembre 2026.
Près de 3 000 personnes pouvaient s’y réfugier pendant la guerre. Cet abri disposait d’un poste chirurgical.
Marc Thyssen, membre de l’Union nationale des combattants retrace l’histoire de ce lieu méconnu. Sous la maison de retraite Delcourt-Ponchelet, un hôpital miniature a été construit. On ne peut pas le visiter pour des raisons de sécurité. Mais derrière ces murs, on se réfugiait lors des bombardements. Entre 1939 et 1945, 43 personnes y ont rendu le dernier souffle et il y a eu trois ou quatre naissances.
119 marches
Dans la nuit du 14 au 15 avril 1941, l’hospice civil de la rue Traverse est ravagé par un bombardement, relate l’historien. En urgence, il faut trouver un nouveau bâtiment. C’est à l’hospice Ponchelet que sont transférées les activités de médecine, chirurgie et maternité.
En mars 1943, le président de la Délégation spéciale de Brest donne son feu vert pour la construction de l’abri. Quand le siège de Brest débute, en août 1944, il n’est pas terminé.
Pour descendre à l’abri depuis l’hospice, il faut dévaler les 119 marches pour être en sécurité, indique Marc Thyssen. Les sanitaires prévus n’ayant pas été réalisés, on a installé un WC sommaire au-dessus du ruisseau. Certains jours, l’abri était plein à craquer.
Dans les archives, le docteur Marx Lafferre décrit l’atmosphère : Dans cet espace restreint : des milliers de personnes y compris des vieillards et enfants en bas âge. L’aspect de cette multitude, envahissant les escaliers, abrutie de fatigue, somnolant aux premières heures du jour dans d’inconfortables positions, est un spectacle que l’on oublie difficilement.
64 obus
Dans cet abri médicalisé, le docteur Barbaro a réalisé 204 interventions chirurgicales, dont 198 pour blessures de guerre. Il y a deux ans, deux enfants nés dans cet abri sont venus à la cérémonie, se rappelle l’ancien combattant. C’était bouleversant.
Le quartier de Saint-Marc est libéré le 10 septembre 1944, mais les combats continuent. L’hôpital recevra 64 obus.
Après la Libération, l’hospice Ponchelet, qui compte 118 lits, reste ouvert jusqu’à ce que l’hôpital Morvan soit opérationnel, vers 1950. L’abri ne sera plus utilisé. L’hôpital est détruit et une maison de retraité est aménagée, en 1989. La Ville compte une cinquantaine d’abris, i nforme Yves Coativy, adjoint chargé du patrimoine. Cette journée permet de se souvenir de ce qu’ont vécu les civils sous l’Occupation.
Une quinzaine de résidents de l’Ehpad étaient présents lors de cette cérémonie commémorative : Ils ont mis des fleurs dans la gerbe déposée par le maire, précise Morgane Briand, responsable des animations. Ces moments sont importants pour eux : ils ont bien chanté La Marseillaise.
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