« C’est moi qui suis sali, diffamé » : au tribunal de Brest, la diffamation du député Cadalen devient le procès de LFI (OF.fr-10/09/26-22h19)

Le député LFI de Brest, Pierre-Yves Cadalen, 34 ans, au tribunal de Brest ce 10 septembre 2026 où il a porté plainte pour diffamation contre Maël de Cama, le président divers droite du Conseil départemental du Finistère : « D’une brutalité terrible, ces propos m’ont profondément blessé. Ils vont à l’encontre de tout ce que je suis, mon être et mon engagement. » | OUEST-FRANCE

Par Frédérique GUIZIOU

Ce jeudi 10 septembre 2026, Maël de Calan, président divers-droite du conseil départemental du Finistère comparaissait au tribunal de Brest (Finistère) pour des propos tenus fin 2024, lors d’une émission diffusée sur la chaîne locale Tébéo : La France Insoumise est un parti factieux, violent et antisémite […] Et je pense que Pierre-Yves Cadalen est factieux et antisémite.

« Ces propos m’ont profondément blessé »

Le député LFI de Brest, Pierre-Yves Cadalen, avait porté plainte pour diffamation : D’une brutalité terrible, ces propos m’ont profondément blessé. Ils vont à l’encontre de tout ce que je suis, mon être et mon engagement. Homosexuel, républicain humaniste, je combats de toutes mes forces toutes les dynamiques d’exclusion. Je suis viscéralement antiraciste, explique celui qui vient défendre [son] honneur.

Le juge Xavier Jublin est appelé à trancher : ces propos injurieux dépassent-ils les limites de la liberté d’expression ? Ou sont-ils des calomnies politiques comme l’estime La France Insoumise ?

Je confirme ces propos et j’ai eu l’occasion de les répéter depuis. Je regrette même de ne pas les avoir dits plus fort et plus haut !, persiste et signe Maël de Calan : La France Insoumise est un parti qui insulte tout le monde. C’est le retour de la violence en politique, de la violence verbale et de la violence physique. C’est un parti dangereux, violent, extrémiste, antisémite.

Si je considérais que LFI était antisémite, je n’en ferais pas partie, assure Pierre-Yves Cadalen. Vous voulez faire de ce procès une tribune politique. Je ne répondrai à rien qui ne soit pas en rapport avec moi. C’est moi qui suis diffamé. Il n’est pas admissible de salir ainsi ma personne et le débat public.

Maël de Calan, président du Conseil départemental du Finistère, au tribunal de Brest, ce jeudi 10 septembre 2026. | OUEST FRANCE

« Il n’assume rien ! »

Selon Me Richard Malka, défense de Maël de Calan, la contribution personnelle de Pierre-Yves Cadalen à son parti politique, dont il reste l’un des principaux responsables, serait de relayer ses attaques contre nos institutions, diffuser la rhétorique insurrectionnelle du mouvement et soutenir les groupes violents comme La Jeune Garde : Ce que demande LFI, c’est un blanc-seing pour dire « on n’est pas antisémites ! rajoute le ténor du barreau parisien. M. Cadalen devrait rendre des comptes pour son parti. Il n’assume rien. Il refuse de condamner les pires horreurs.

Les rôles semblent s’inverser avec un plaignant sur le gril et un prévenu de bonne foi : Vous n’êtes pas saisi d’une critique envers un parti politique mais d’une diffamation envers Pierre-Yves Cadalen, accusé d’avoir soutenu des positions « antisémites et factieuses, rappelle au tribunal Me Léo Boxelé en défense du député. Il pointe le dossier de défense de Maël de Calan : Des pièces sur des procédures judiciaires en cours, des faits divers postérieurs qui n’ont rien à voir, des captures d’écran de réseaux sociaux, des articles de médias hostiles à LFI… On a 130 pièces au dossier et je ne sais toujours pas de quelles positions antisémites ou factieuses on parle ! Parce que ça n’a jamais été le cas !

« L’absence de fondement »

Touché par les questions posées en rafale à son client pour lui faire condamner des déclarations qui ne venaient pas de lui, Me David Rajjou fustige la défense de Maël de Calan qui parle de tout le monde sauf de Pierre-Yves Cadalen : Une accusation d’antisémitisme porte le poids de la Shoah. Employé sans preuve, sans écrit, sans acte, sans précision, ce mot détruit, développe l’avocat brestois. Ce qui manque au dossier ? Les éléments permettant de justifier une accusation aussi grave. L’absence de fondement. Pierre-Yves Cadalen n’a pas à répondre d’une sorte de culpabilité par association. »

Me Raphaël Kempf renchérit : Quelle est la motivation ou plutôt le mobile de Maël de Calan ? Salir un jeune adversaire politique promis à une brillante carrière ? Sur la base de rien du tout. Le condamner, c’est une possibilité de protéger le débat public, pas une atteinte à la liberté d’expression.

Sur le délibéré, qui sera rendu le 22 octobre 2026, les deux adversaires se sont déclarés confiants.

Source: https://www.ouest-france.fr/societe/justice/cest-moi-qui-suis-sali-diffame-au-tribunal-de-brest-la-diffamation-du-depute-cadalen-devient-le-proces-de-lfi-0ae3ab52-ad46-11f1-8801-66f16947434c

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