Blocus de Cuba : un nouveau rapport de l’ONU fustige « la politique de sanctions la plus ancienne de l’histoire des États-Unis » (H.fr-11/09/26)

Le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU, Farhan Haq, a mentionné ce jeudi les répercussions des coupures de courant sur le secteur de la santé, avec des « interruptions qui affectent les équipements médicaux essentiels et les systèmes de chaîne du froid pour les vaccins, ce qui pourrait toucher près de 70 000 enfants ».©Joaquin Hernandez/XINHUA-REA

Population « punie » et « prise en otage », « effets dévastateurs », vaccination de 70 000 enfants en sursis… Les Nations unies dénoncent une nouvelle fois l’impact de la stratégie d’étranglement imposée par Washington à l’île caribéenne.

Par Luis REYGADA

Dans le cadre de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la nouvelle Rapporteure spéciale sur les mesures coercitives unilatérales, Zaina Jallad, a dénoncé, à Genève, ce mercredi 9 septembre la prolifération de ce type de sanctions et leur impact sur des populations civiles « prises en otage ».

La fonctionnaire onusienne – en poste depuis mai dernier – a rappelé que, de l’Iran à Cuba, ces mesures illégales aux yeux du droit international « provoquent de graves crises humanitaires et punissent des populations entières pour des différends politiques dans lesquels elles n’ont pas leur mot à dire ».

S’agissant de Cuba, pays qui subit une intensification sans commune mesure du blocus étasunien depuis le retour, en janvier 2025, de Donald Trump à la Maison blanche, Jallad a rappelé que les sanctions américaines entravent les droits fondamentaux de la population, et frappent les habitants les plus vulnérables.

La politique de sanctions la plus ancienne de l’histoire des États-Unis

La session a été l’occasion de présenter officiellement un rapport élaboré par la prédécesseuse le Zaina Jallad, la Rapporteure Alena Douhan, sur « les effets que les sanctions unilatérales imposées par les États-Unis d’Amérique depuis 1962 ont sur les moyens de subsistance et l’exercice des droits de l’homme de tous les Cubains ».

Sur 19 pages, le « Rapport sur les effets négatifs des mesures coercitives unilatérales sur l’exercice des droits de l’homme » à Cuba décrit l’impact du « vaste régime de sanctions économiques, commerciales et financières » imposé depuis plus de six décennies par les États-Unis, « ce qui en fait la politique de sanctions la plus ancienne de l’histoire des relations extérieures » de ce pays.

Alimentation, santé, éducation, coopération internationale, aide humanitaire, accès aux services publics et aux infrastructures essentiels… Le document conclut à « des effets dévastateurs pour l’ensemble de la population », et en particulier pour les personnes les plus précaires. Mais aussi pour les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes atteintes de maladies chroniques, précise le rapport qui fustige un « régime de sanctions financières et économiques » imposé à « des générations entières de Cubains et qui a façonné le paysage économique et social du pays ».

Impact sur la santé : 70 000 enfants privés de vaccins

À ce titre, le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU, Farhan Haq, a mentionné ce jeudi les répercussions des coupures de courant sur le secteur de la santé, avec des « interruptions qui affectent les équipements médicaux essentiels et les systèmes de chaîne du froid pour les vaccins, ce qui pourrait toucher près de 70 000 enfants ».

À noter que le document présenté par la Rapporteure Zaina Jallad a été élaboré suite à une visite officielle de Douhan à Cuba du 11 au 21 novembre 2025, période à laquelle l’administration trumpiste n’avait pas encore mis en place son blocus énergétique. Empêchant toute livraison de pétrole à l’île (une seule livraison sur les huit derniers mois), cette nouvelle stratégie a depuis intensifié la crise et les conditions de vie des habitants sur l’île.

Dans sa conclusion, la Rapporteure demande à la communauté internationale de se conformer aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies sur la nécessité de lever « le blocus économique, commercial et financier » imposé à Cuba par les États-Unis. Une demande qui devra de nouveau être soumise au vote de l’Assemblée générale le mois prochain.

D’ici là, les autorités de La Havane ont déjà présenté leur bilan annuel sur l’impact du blocus sur l’économie de l’île : un peu plus de 8 milliards de dollars de préjudice entre le 1er mars 2025 et le 28 février 2026, soit un record avec une hausse de 7 % comparé à l’année précédente, selon le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno Rodriguez.

Source: https://www.humanite.fr/monde/amerique-latine/blocus-de-cuba-un-nouveau-rapport-de-lonu-fustige-la-politique-de-sanctions-la-plus-ancienne-de-lhistoire-des-etats-unis

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