Sénat : derrière le statu quo breton, la poussée du RN (LT.fr-27/09/26)

L’élection à la présidence de l’institution est programmée jeudi. (Photo Lionel Bonaventure/AFP)

Statu quo gauche-droite dans les Côtes-d’Armor, le Finistère et l’Ille-et-Vilaine à l’issue des élections sénatoriales. La droite progresse dans le Finistère et le RN gagne du terrain dans les trois départements.

Par Claire LAGADIC, Fanny OHIER et Erwan MILOUX

1- Finistère : droite et centre continuent leur poussée, le PS conserve son siège et le RN bondit

Les sénatoriales annoncées à fort enjeu dans le Finistère ont finalement débouché sur un statu quo avec l’élection de trois sénateurs de la droite et du centre et d’une sénatrice socialiste.

Les grands électeurs ont choisi d’accorder une confiance renouvelée et renforcée aux sénateurs sortants Michel Canévet et Nadège Havet, colistiers d’une alliance du centre. Sur les 2 314 suffrages exprimés, 806 votes se sont portés sur leur liste soit 34,83 %, un bond de 6,5 % au regard de 2020.

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À gauche, la socialiste Forough Dadkhah, vice-présidente du conseil régional et conseillère municipale de Quimper, est élue avec 402 voix soit un score de 17, 37 %. Avec 10, 37 % de bulletins pour sa liste, Philippe Paul, sénateur divers droite sortant, n’a pas été reconduit. C’est le maire de Landerneau, Patrick Leclerc, lui aussi divers droite, qui réalise une percée et obtient son siège au Palais du Luxembourg avec 14,82 % des suffrages exprimés.

Dans le Finistère, comme dans beaucoup d’autres départements, on note une forte poussée du RN qui fait plus que doubler les votes pour sa formation. La liste de Patrick Le Fur obtient ainsi 3,85 % des suffrages contre 1,55 % il y a six ans. À noter que La France insoumise obtient un score supérieur au RN avec 4,28 %.

Dix listes étaient en lice dont cinq se réclamaient de gauche. Un éclatement qui faisait craindre à certains politiques de cette tendance de n’obtenir aucun sénateur. L’élection de Forough Dadkhah a été donc accueillie comme un soulagement par le clan socialiste ce dimanche soir dans les locaux de l’université de Quimper.

2 -Côtes-d’Armor : les trois sortants réélus

L’équilibre qui prévalait au précédent scrutin s’est finalement maintenu, dans les Côtes-d’Armor. Les 1 759 grands électeurs ont reconduit les trois candidats sortants.  La socialiste Annie Le Houérou et, à ses côtés, le communiste Gérard Lahellec ont été réélus, grâce à une liste d’union de la gauche (788 voix). Cette victoire, expose Annie Le Houérou, « nous donne la force de poursuivre et de faire en sorte que la gauche rassemblée marque des points, pour convaincre au niveau national ».

Le sénateur sortant LR Alain Cadec conserve lui aussi son poste, sa liste d’union de la droite et du centre recueillant 475 suffrages. Elle est cependant grignotée, et il trouve cela « dommage », par la liste centriste de Didier Lechien. Le maire de Dinan n’aura finalement pas réussi à ravir un siège, sa liste recueillant 222 votes.

Enfin, c’était la grande inconnue de ce scrutin : la liste RN conduite par Camille Favre a totalisé 136 voix, contre 22, il y a six ans. Une nette progression, donc. La liste menée par Pierre-Yves Thomas, étiquetée Reconquête, atteint douze suffrages.

La liste LFI guidée par Henri Alloy a recueilli 57 votes ; celle de l’UDB, avec Nil Caouissin à sa tête, 35.

3- Ille-et-Vilaine : la droite et la gauche conservent chacune deux sièges

Sept listes s’affrontaient pour l’obtention des quatre sièges à pourvoir dans le département. La liste de la droite et du centre, menée par la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel (UDI), totalise 42,85 % des voix, soit une progression de 0,51 point par rapport à 2020 (42,34 % des voix), et remporte deux sièges. En plus de la réélection de la ministre, le deuxième de la liste, Nicolas Belloir (LR), est également élu. Le siège laissé vacant par Dominique de Legge (LR), qui ne se représentait pas est ainsi resté sans suspense dans le giron de la droite. Anne-Sophie Patru, remplaçante de la ministre au Sénat depuis sa nomination au gouvernement en 2024, devrait retrouver ce siège après la réélection de Françoise Gatel.

Si la droite conserve ainsi deux des quatre sièges de ces élections, la gauche maintient également les deux sièges qu’elle occupait. La sénatrice sortante Sylvie Robert (PS) est réélue à la tête d’une liste (divers gauche) avec 16,57 % des voix (un siège) soit toutefois 9,7 points de moins qu’en 2020 (26,27 % des voix). Une baisse qui peut s’expliquer par le grand nombre de listes, cinq au total, qui se présentaient à gauche. Enfin, avec 19,77 % des voix, la liste des écologistes obtient un siège, permettant à son leader, le sénateur sortant Daniel Salmon (EELV), d’être réélu avec un nombre de voix quasi identique qu’en 2020. À noter que, parmi les candidats n’ayant pas été élus, la liste RN menée par Gilles Pénelle (7,69 % des voix) voit son score augmenter de 5,99 points depuis 2020 (2,70 %).

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