
Un lycéen manifestant a été blessé et évacué aux urgences à Tours ce mercredi matin. Une vidéo le montre ensanglanté, une blessure compatible avec un tir de LBD. « L’origine de la blessure est non déterminée à cette heure », selon la procureure de la République, précisant que l’IGPN avait été saisie.
Par Lionel VENTURINI
Après le tir en pleine tête à Saint-Ouen-l’Aumône, s’agit-il d’un nouveau tir de LBD qui a atteint un jeune lycéen à Tours, aux abords du lycée Balzac ? Sur les réseaux sociaux en tout cas, un lycéen, assis par terre, se tenant la tête une flaque de sang à ses pieds a été filmé, une blessure potentiellement causée par un tir de LBD de la police.
Selon la Nouvelle République, le blessé a été évacué en urgence vers le service ophtalmologie de l’hôpital Bretonneau, à Tours. Côté préfecture toutefois, on ne confirme pas immédiatement. Au quotidien régional, le directeur de cabinet du préfet, Pierre-Ange Savelli, déclare qu’un jeune a été blessé et pris en charge, précisant que « si la blessure résulte bien d’un tir de LBD, il faudra déterminer s’il a été utilisé conformément aux règles fixées par le code de la sécurité intérieure. Pour cela, nous allons nous appuyer sur les caméra-piéton des policiers et la description des témoins. Nous devons procéder à des vérifications, nous ne pouvons pas aller plus vite que les réseaux sociaux ».
« L’origine de la blessure est non déterminée à cette heure », a de son côté précisé la procureure de la République sur X, précisant que l’IGPN avait été saisie. Un témoignage recueilli par l’Humanité confirme, lui, « un tir tendu et pas en cloche » à l’encontre du jeune homme, ressenti au moment même où celui-ci s’effondrait par terre.
Une mobilisation qui se poursuit
La mobilisation des lycéens se poursuivait devant plusieurs établissements mercredi, notamment à Saint-Denis, Strasbourg ou Lyon, ont constaté des journalistes de l’AFP, l’Union syndicale lycéenne appelant à une convergence des luttes avec les étudiants et à un « acte deux » jeudi.
Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens et des conditions d’apprentissage « décentes ». « Il y a beaucoup moins de mobilisation aujourd’hui (mercredi) mais on appelle à un acte deux jeudi », a lancé le président de l’USL, Ryad Rani, lors d’une conférence de presse commune à Paris avec l’Union étudiante, deuxième syndicat étudiant, faisant valoir des revendications communes.
De son côté, le syndicat CGT-Police pointe que « le premier ministre dit que les difficultés des lycées, pourtant largement engendrées par sa politique néfaste, doivent être entendues, mais il cautionne de fait ce choix. Il porte ainsi la responsabilité politique de chaque blessé, lycéen comme policier. Mettre des policiers face à des lycéens n’effacera pas la réalité des postes supprimés, des salaires gelés, de l’épuisement des pompiers ».
Le ministre de l’Intérieur avait indiqué mardi que 440 interpellations avaient eu lieu lors des blocages, principalement de mineurs. Emmanuel Macron, s’exprimant pour la première fois sur le sujet, s’est borné à dire que « la colère ne justifie pas la violence et les responsables politiques ne doivent pas la « légitimer ». Sur RTL, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a exprimé son inquiétude face à la violence qu’il impute exclusivement aux élèves, tout en soulignant que certaines revendications des lycéens étaient « légitimes ». Il n’a toutefois toujours pas annoncé de rencontre avec les organisations lycéennes et étudiantes.
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