
© Liesa Johannssen/REUTERS
La droite allemande menace de couper le robinet à la capitale d’État pour dissuader les Verts et le SPD de passer un accord avec Die Linke. Depuis sa victoire haut la main à Berlin le 20 septembre, la gauche radicale menée par Elif Eralp est la cible de grandes manœuvres et d’un chantage politique inouïs.
Par Bruno ODENT
La droite allemande veut couper les vivres à Berlin si la ville venait à être dirigée par Elif Eralp, la tête de liste de Die Linke, gagnante de l’élection du 20 septembre. Les huit ministres-présidents des Länder dirigés par les chrétiens-démocrates réunis en Bavière ont renforcé le chantage politique destiné à dissuader les Verts et le SPD de passer un accord de coalition avec Die Linke dans la capitale.
Ils menacent de ne pas verser à la cité-État l’argent normalement redistribué des Länder les plus riches, comme la Bavière ou le Bade-Wurtemberg, vers les plus pauvres comme ceux d’Allemagne orientale dont Berlin.
Si la capitale « devait installer un gouvernement du Land qui a l’antisémitisme à son programme, a tonné Klaus Holetschek, président du groupe CSU dans le Landtag de Bavière, nous entamerons une initiative sur la question de savoir qui finance la capitale ». Les ministres-présidents CDU-CSU entendent exiger du gouvernement fédéral qu’il retire les subventions versées à la capitale pour la culture et la sécurité.
La dépense des locataires, la goutte de trop
Voulant mettre les points sur les i, Markus Söder, ministre-président CSU de Bavière, a présenté comme un comble de la non-fiabilité démocratique de Die Linke « cet insupportable projet d’expropriation des sociétés immobilières ». Ce qui a le mérite d’éclairer sur le vrai objectif de l’odieuse cabale : la défense des rentiers géants du capital.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=109700&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
