
Les étudiants de l’Enssat, l’école d’ingénieurs installée rue Kérampont, à Lannion, ont bloqué les entrées des bâtiments de leur établissement, ce jeudi 1er octobre. Ils manifestent leur solidarité avec les lycéens en grève et portent également des revendications locales.
Par Morvan LEON
Pour les étudiants de l’Enssat qui ont organisé le blocus de l’école d’ingénieurs de Lannion, le jeudi 1er octobre, une des priorités était qu’il n’y ait « aucune violence et aucun débordement ». Et pour cause, « on demande des moyens pour l’Université, on ne veut pas qu’il y ait de dégâts sur l’établissement ».
Le blocus des portes des deux bâtiments qui accueillaient des cours ce matin a été mis en place autour de 6 h par une douzaine d’étudiants. Avant 9 h, aux différentes entrées, ils étaient une centaine sur les lieux.
Des moyens pour restaurant universitaire
Pour Camille (prénom d’emprunt), porte-parole du mouvement étudiant, il s’agit, dans le cadre d’un appel de l’Union étudiante et de l’Union syndicale lycéenne, de « protester contre les violences policières survenues lors de la mobilisation des lycéens en cours ».
Le jeune homme précise qu’il y avait peu de cours prévus ce jeudi : « Les cours devaient s’arrêter à 10 h 30 pour des réunions et nous n’avons pas cours le jeudi après-midi.
Les étudiants lannionnais inscrivent leur action dans un mouvement national mais ont aussi des revendications locales : « La mise en place du repas à 1 € est une très bonne chose. Mais le restaurant universitaire du centre-ville, qui a perdu un étage, n’a pas les moyens d’accueillir tous les étudiants. Hier, la queue a été arrêtée à 12 h 36. Cela fait que les étudiants les plus précaires, qui bénéficiaient déjà du repas à 1 €, n’y ont plus forcément accès si un cours finit 5 minutes en retard. »
Le projet de déménagement rejeté
Leur revendication : que le Crous, qui gère le restaurant universitaire, ait les moyens financiers et en personnel pour accueillir tous les étudiants : « Le repas à 1 € a été mis en place sans y mettre de moyens supplémentaires, alors que tous les étudiants veulent en profiter. »
Autre inquiétude pour les étudiants de l’école de la rue de Kérampont, le déménagement de l’Enssat sur l’ancien site d’Orange, près de l’IUT : « Presque tous les étudiants de l’Enssat vivent dans le centre-ville, cela va les obliger à prendre des voitures ou les transports en commun, qui ne fonctionnent pas bien. »
Camille en témoigne : « J’étais à l’IUT, et le matin, dans les bus, on était obligé de crier pour que les gens se poussent dans le fond du bus et qu’on puisse monter. »
Dernière raison de la colère étudiante, « le projet de gel des Aides personnelles au logement (APL), dans le cadre de la préparation du budget 2027 en cours de préparation. Ça va encore précariser les étudiants les plus précaires. »
Dernier point, mis en avant par Camille, « on voulait montrer que même si on est de futurs ingénieurs, on est capables de se mobiliser ».
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