« On ne veut pas bloquer, juste faire un barrage filtrant » : à Lorient, jusqu’à 500 lycéens devant Dupuy-de-Lôme (OF.fr-1/10/26)

Ce jeudi 1er octobre 2026, jusqu’à 500 lycéens se sont rassemblés devant l’entrée et sur le parvis de l’établissement Dupuy-de-Lôme, dont une bonne centaine à l’initiative du mouvement. | OUEST-FRANCE

Ce jeudi 1er octobre 2026, jusqu’à 500 lycéens se sont rassemblés devant l’entrée et sur le parvis de l’établissement Dupuy-de-Lôme, dont une bonne centaine à l’initiative du mouvement. Le mouvement est appelé à être réédité. Reportage.

Par Pauline DECKER

Ne nous regardez pas, rejoignez-nous. 7 h 45 ce jeudi 1er octobre 2026. Une cinquantaine de lycéens a investi l’entrée de l’établissement Dupuy-de-Lôme, dans le centre de Lorient (Morbihan). C’est la première mobilisation des jeunes dans la ville aux six ports.

C’est votre droit absolu de manifester, mais ne bloquez pas le lycée. Soucieux d’un dérapage qui est vite arrivé, le proviseur, Jean-Christophe Bidet, en appelle au calme. Une manifestation pacifiste, c’est le mot d’ordre donné par les lycéens, au nombre d’une centaine rapidement vers 8 h. On n’intimide personne. On ne veut pas bloquer, juste faire un barrage filtrant, insiste une jeune fille. On a besoin de votre aide Monsieur, c’est votre job aussi l’Éducation.

Des lycéennes discutent avec le proviseur, Jean-Christophe Bidet. | OUEST-FRANCE

« J’ai éval »

Sur le large parvis à proximité des halles provisoires, environ 400 lycéens jaugent l’ambiance. Certains rejoignent leurs classes, au compte-gouttes. D’autres se tâtent à rejoindre le mouvement. J’ai éval, lance finalement l’un d’eux, choisissant finalement d’aller en cours.

Je ne sais pas trop, on attend de voir s’il y a plus de monde à arriver, livre un groupe d’adolescentes. Moi, je ne pense pas les rejoindre, admet une des copines. On est déjà en retard les filles, déroule une autre. Ils nous laissent l’entrée libre, on est obligé d’y aller en fait, regrette un ado.

Ce jeudi 1er octobre 2026, jusqu’à 500 lycéens se sont rassemblés devant l’entrée et sur le parvis de l’établissement Dupuy-de-Lôme, dont une bonne centaine à l’initiative du mouvement. | OUEST-FRANCE

« Notre priorité, c’est la sécurité des élèves »

Sur la première heure de cours, de 8 h à 9 h, l’établissement – qui compte 1 770 élèves au total – a recensé 540 absents, précise une des trois conseillères principales d’éducation. Notre priorité, c’est la sécurité des élèves, martèle le proviseur. J’ai vécu un blocus très violent dans un précédent établissement, à Caen (Normandie). Ma crainte, c’est qu’un élève soit blessé. À Chelles (Seine-et-Marne), une de nos élèves avait perdu un œil après un jet de pierre, se souvient Jean-Christophe Bidet. Si ça reste bon enfant, il n’y a pas de difficulté. On peut même mettre à nos lycéens des espaces à disposition pour échanger, débattre.

Suspecté d’être l’auteur d’un feu de poubelle, un lycéen de 17 ans a été interpellé par la Brigade anticriminalité (BAC) et placé en garde à vue. | OUEST-FRANCE

Horaires inacceptables, manque de profs, classes en surnombre : les élèves élèvent leurs voix. Sans action importante, il ne se passe pas grand-chose. Quand on parle avec les adultes, ils ne nous écoutent pas, déplore une jeune fille de 16 ans.

On restera là aujourd’hui le plus longtemps possible, déroule Oscar, du noyau dur devant les grilles, satisfait que tout se passe bien. On ne cautionne pas du tout la casse, les feux de poubelles.

Deux feux de poubelle, une interpellation

On veut une mobilisation pacifiste. On ne veut pas de pétards, répète une élève au mégaphone, quand quelques-uns plus loin sur le parvis, auraient tendance à vouloir jouer avec le feu. Quand une jeune fille met le feu à une poubelle, c’est une manifestante qui débarque pour l’éteindre, avec des bouteilles d’eau. Certains voulaient mettre le bordel, il y a un groupe Snapchat qui tournait, ce n’est pas ce qu’on veut nous, insiste Oscar.

En fin de matinée, le gros des manifestants s’était dispersé. La police a recensé deux feux de poubelles (éteints très rapidement). Suspecté d’être l’auteur de l’un d’eux, un lycéen de 17 ans a été interpellé par la Brigade anticriminalité (BAC) et placé en garde à vue.

Source: https://www.ouest-france.fr/bretagne/lorient-56100/on-ne-veut-pas-bloquer-juste-faire-un-barrage-filtrant-a-lorient-jusqua-500-lyceens-devant-dupuy-de-lome-4e0bed08-bd78-11f1-8ea4-97dc4d7cca62

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