
À 62 ans, Benjamin Davis a déposé un recours contre la fin de son contrat de directeur de la division de la transformation rurale inclusive et de l’égalité des sexes à la FAO. Après 26 ans au sein de l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, la direction lui reproche ses travaux sur la famine à Gaza,considérés comme des manœuvres politiques.
Par Vadim KAMENKA
Après 26 années passées à l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Benjamin Davis a été licencié la semaine dernière. Cet ancien directeur de la division de la transformation rurale inclusive et de l’égalité des sexes a déposé « un recours » contre le refus « de renouveler son contrat » explique-t-il au quotidien The Guardian, ce mardi 6 octobre. Cette décision est motivée « en raison de son travail visant à mettre en lumière la famine à Gaza », affirme-t-il.
Son équipe avait publié une note d’information et organisé un séminaire sur ce sujet en septembre 2025, ce qui a donné lieu à une plainte de la mission israélienne auprès de la FAO et d’autres agences internationales basées à Rome. Âgé de 62 ans, Benjamin Davis, qui possède la double nationalité espagnole et états-unienne, a dénoncé l’attitude de la direction de l’organisation.
La direction de la FAO silencieuse sur Gaza
Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu a menacé de licencier d’autres personnes pour ce qu’il considérait comme de l’activisme politique. « Nous n’allons pas vous laisser jouer ici au jeu des droits de l’homme », a-t-il prévenu avant d’ajouter, en forme d’ultimatum : « C’est pourquoi, [lorsque] certains hauts responsables se livrent à des manœuvres politiques ici, je les licencie ».
« Bien sûr, les droits de l’homme sont très importants, mais il existe une agence des droits de l’homme à Genève. Si vous voulez vous occuper [des droits de l’homme], allez-y », a osé Qu Dongyu.
Dans sa réponse écrite, que le Guardian s’est procurée, Benjamin Davis a rappelé que l’approche adoptée par la direction de la FAO était « erronée ». « Le silence face à la souffrance et à l’injustice n’est pas de la neutralité, c’est de la complicité », a-t-il constaté.
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