
Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation lycéenne s’est tenue, ce mardi 6 octobre 2026, notamment encadrée par des syndicats, parents d’élèves ou même des professeurs, la « violence policière » ou « répression », telle que dénoncée, était sur toutes les lèvres. Même si la journée s’est déroulée avec moins de heurts.
Par Soizic QUERO et Donovan GOUGEON avec Cédric Roger VASSELIN
La scène a choqué
ce père de famille, un parent indigné et inquiet »,
comme il se définit. Lundi 5 octobre 2026, en fin de matinée, un jeune a été blessé par un tir de LBD selon des témoignages concordants, à quelques dizaines de mètres du lycée Freyssinet, lieu de la contestation lycéenne de Saint-Brieuc depuis le début du mouvement, jeudi 1er octobre 2026. Il était, au sol, en train de se faire soigner par un street medic (secouriste bénévole en manifestation), quand des policiers l’ont interpellé violemment
, raconte une femme, également témoin de l’interpellation du jeune homme.
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Sur les images d’une vidéo, que Ouest-France a pu consulter, l’interpellation du lycéen est musclée. Selon la police, il avait lancé un cocktail molotov et des tirs de mortier en direction des fonctionnaires. Le jeune a été hospitalisé puis placé le jour même en garde à vue au commissariat. Le médecin qui l’a examiné a estimé que son état de santé était compatible avec la mesure
, confirme le procureur de la République à Ouest-France.
« Pas la réponse adaptée »
Mardi, une deuxième vidéo nous est parvenue. On y voit une autre interpellation musclée, dans l’après-midi, devant le lycée Freyssinet. Sans toutefois pouvoir clairement en établir le contexte. Il a les lèvres en sang […]. Ils sont en train de le mettre au sol
, entend-on seulement. Ce sujet de la répression policière
ou violence policière
selon les termes des lycéens, a été très fort ce mardi 6 octobre.
Déjà au cœur de la manif avec de nombreuses pancartes : On vous envoie des SOS, vous nous envoyez les CRS
; 1 prof pour 35 élèves, 5 CRS pour 1 élève
; On veut le bac, pas la Bac.
Et dans les discours. Ce sont des gamins. On a vu des images, ce n’est pas la réponse adaptée
, dit Matthieu Nicol, de l’Union départementale CGT. On n’est pas dans des grosses villes. Il y a toujours un petit groupe de casseurs, oui, mais quand on voit la répression dans des villes comme Saint-Brieuc ou Lannion, c’est démesuré.
L’interpellation devant la préfecture
À la fin de la manifestation, devant la préfecture, une militante a même pris le micro, s’adressant directement aux policiers, un peu en retrait : Oui, je vous regarde. Vous jetez des armes de guerre contre des mineurs. Les violences policières sont insoutenables à vivre.
Owen, 16 ans, l’une des figures lycéennes de la manifestation, raconte : J’ai reçu un flash-ball alors que je disais à d’autres d’arrêter. Je ne suis pas violent. Quand on voit les chiffres : 10 000 gardes à vue en un an (11 200 en réalité) pour les Gilets jaunes, déjà 5 000 pour les lycéens, il n’y a pas un problème ?
Selon nos informations, entre jeudi et lundi soir, 23 personnes ont été gardées à vue dans les Côtes-d’Armor, dont dix-neuf à Saint-Brieuc et quatre à Lannion. Ce mardi, trois nouvelles gardes à vue ont été prises, toutes à Loudéac, précise le procureur de la République : Un individu majeur pour un vol, un mineur de 15 ans pour un feu de poubelle et un mineur de 16 ans pour une tentative de feu de poubelle.
Côté policiers et gendarmes, la préfecture parle de neuf blessés, un jeudi et huit vendredi, du fait des projectiles et des mortiers d’artifice, ainsi que des cocktails molotov qui ont été lancés contre les forces de l’ordre
. D’après nos remontées de terrain, nous avons entendu parler de quatre policiers et un gendarme blessés.
« L’intervention a été effectuée avec discernement et retenue »
Interrogée par Ouest-France, la préfecture redit que la priorité des forces de l’ordre est avant tout de protéger les citoyens manifestants ou pas, et de garantir la tranquillité publique
, saluant un professionnalisme
permettant notamment de maintenir tous les lycées ouverts
. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux et les dégradations constatées, notamment au lycée Jean-Moulin (à Saint-Brieuc), montrent qu’une part minoritaire détourne le mouvement et cherche à le faire basculer dans la violence.
Dès lors, il est par ailleurs assuré que « l’intervention des forces de l’ordre a été effectuée avec discernement et retenue […]. Les tirs de lacrymogènes n’ont eu lieu qu’en cas de risques imminents pour les forces de l’ordre ou des tiers. Les tirs de lanceurs de balles de défense ont tous eu lieu dans des circonstances qui l’exigeaient, par des agents formés et régulièrement entraînés ».
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