
Des violences à l’encontre des lycéens ont-elles été commises par les forces de l’ordre, à Brest (Finistère) ? C’est ce que relate une partie d’entre eux, notamment sur les réseaux sociaux. Du côté de la préfecture et des policiers, c’est un autre son de cloche.
Par Mickaël LOUEDEC
En plusieurs endroits, en France, des violences policières sont dénoncées par les lycéens. Les Brestois ne font pas exception.
Une vidéo, particulièrement relayée, montre un jeune homme devant les grilles du lycée Jules-Lesven. On le voit discuter avec des adultes situés de l’autre côté de la grille (Des témoins assurent qu’il s’agit de professeurs) quand arrivent des policiers qui le mettent au sol et encerclent son visage. Sur cette vidéo, nous pouvons voir une policière se tourner vers les personnes situées de l’autre côté de la grille et les avertir qu’ils vont prendre une giclée
. Sous-entendu, du gaz lacrymogène.
« Gaz lacrymogènes sans sommation »
D’autres témoignages parlent de tirs de lacrymogènes au niveau des parties intimes
, d’utilisation de la matraque
, de tirs de LBD
ou d’utilisation de gaz lacrymogènes sans sommation
.
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Les forces de l’ordre interviennent dans le strict respect du principe de proportionnalité
, indique la préfecture, qui précise qu’ils n’interviennent qu’en cas de nécessité, pour éviter les dégradations et les violences
.
La préfecture du Finistère ne répond pas précisément sur les cas que nous lui avons soumis, mais elle rappelle que l’usage de grenades lacrymogènes est strictement encadré et tracé
, que les tirs tendus sont interdits
car seuls les tirs en cloche sont autorisés, précisément pour éviter les blessures
. Enfin, les services de l’État assure qu’aucune grenade de désencerclement n’a été utilisée
.
« Aucune plainte enregistrée »
Toujours selon la préfecture, il n’y aurait d’ailleurs aucun blessé à déplorer dans les rangs des lycéens, à Brest. Le procureur de la République, Stéphane Kellenberger, constate, lui, qu’aucune plainte n’a été enregistrée
dans le cadre d’éventuelles violences policières.
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Éric Kerbrat, policier et représentant du syndicat Un1té, expose les mêmes données que la préfecture : Les tirs sont réglementés. On ne tire pas où on veut quand on veut. Si on tire du gaz, c’est pour évacuer une zone, pas pour viser quelqu’un. Et il y a toujours des sommations.
Des lycéens se plaignent aussi d’avoir vécu des expériences désagréables : Il y a eu des gardes à vue absolument injustifiées
, témoigne un jeune en classe de première, très investi dans le mouvement.
37 interpellations en Finistère
La préfecture ne communique pas sur le nombre exact d’interpellations depuis le début du mouvement. À Brest, il y en a eu sept pour la seule journée de mercredi.
Car, à l’inverse, des incivilités commises par des manifestants ou des bloqueurs (peut-être pas tous lycéens, par ailleurs) ont aussi été constatées sur le terrain. Notamment des jets de pierre sur les forces de l’ordre ou des incendies de mobilier urbain. La préfecture parle aussi de deux jets de cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre
et indique que onze policiers ont été blessés à Brest depuis le début des manifestations.
Au total, le 7 octobre au soir, 37 interpellations avaient été réalisées dans le cadre du mouvement lycéen depuis le 1er octobre, dans le Finistère. Un seul déferrement, d’un jeune majeur, est recensé. Il est placé sous contrôle judiciaire placé dans l’attente de sa comparution en mars 2027, pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique.
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