
Feux de poubelles, barrages filtrants, circulation bloquée sur les ronds-points et manif. La mobilisation lycéenne n’a pas faibli, ce jeudi 8 octobre 2026. Les élèves rappellent leurs revendications : des moyens pour étudier et des locaux corrects.
Par Lucie VANWEYDEVELDT
7 h 30, ce jeudi 8 octobre 2026. Des centaines de lycéens se sont mobilisés pour organiser le blocus de plusieurs établissements à Brest (Finistère). Le premier ministre n’a rien annoncé hier alors on continue
, dit Nathan, 17 ans, élève au lycée de l’Iroise. Les jeunes, répartis en petits groupes, sont postés aux différentes entrées de l’établissement avec des poubelles. C’est un barrage filtrant : les collégiens, les professeurs et ceux qui souhaitaient aller en cours peuvent passer. On n’est pas là pour décider à leur place
, ajoute le manifestant.
À ses côtés, le proviseur, Jean-Luc Mennessier, sécurise l’arrivée des collégiens. Dès qu’un véhicule approche, les poubelles sont déplacées. Je suis là pour vérifier que la loi est bien respectée. Nous maintenons un bon dialogue avec les jeunes, affirme-t-il. Ce matin, un conseil de vie lycéenne se tiendra pour donner la parole à tout le monde.
Des adultes, assistants d’éducation, enseignants, encadrent les manifestants plutôt conciliants.
9 h 30, devant la cité scolaire de la Croix-Rouge. L’atmosphère est plus tendue. Plusieurs centaines de lycéens stationnent devant l’entrée principale et allument un feu de poubelles. L’incendie menace des habitations, alors la police est prête à intervenir. Finalement, après discussions, les jeunes partent d’eux-mêmes et bloquent le boulevard Léon-Blum.
Un deuxième feu est allumé avec des poubelles, de jeunes arbres déracinés. Des lycéens ramènent un portail récupéré près du campus de Kérichen. La majorité observe. Certains craignent que ça dégénère, comme la veille : On n’est pas là pour brûler des voitures qui appartiennent à des gens qui en ont besoin. Nous, ce qu’on veut, ce sont des classes sans moisissure au plafond, sans seaux d’eau pour récupérer l’eau de pluie, comme au lycée Vauban. Ça fait des années que ça dure mais rien n’est fait. Dans la vraie vie, on ne nous écoute pas. Alors on est dans la rue.
10 h 30. Les lycéens se regroupent devant le lycée de l’Iroise et bloquent le rond-point de la place de Strasbourg. En un temps record, des poubelles sont entassées et s’enflamment. Une voiture, coffre ouvert, propose de l’eau, des madeleines, des bonbons et du sérum physiologique aux manifestants qui s’apprêtent à rejoindre les étudiants, place de la Liberté. On est là pour les aider s’ils sont blessés, affirme Gilles. Certains ont à peine 14 ans et sont dehors depuis 7 h du matin.
Un lycéen sort 2 € de sa poche et les jette dans la cagnotte : Ça fait chaud au cœur de voir des adultes qui nous soutiennent.
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