
Quelle est la place des élus face à un mouvement social ? Lors du conseil de métropole de ce vendredi 9 octobre 2026, les conseillers métropolitains ont débattu à la suite des manifestations de ces derniers jours.
Par Lucile VANWEYDEVELDT
Ma porte est ouverte aux lycéens qui veulent dialoguer. J’ai lancé une invitation lundi et je recevrai une délégation cet après-midi. Leur parole, je suis prêt à la porter auprès de la Région et de l’État.
Stéphane Roudaut a lancé le débat sur la mobilisation de la jeunesse, ce vendredi 9 octobre 2026, lors du conseil de Brest métropole (Finistère).
Les échanges entre les élus ont opposé deux visions de ce mouvement social. D’un côté, les élus de la droite et du centre qui condamnent fermement les dégradations et soutiennent les forces de l’ordre. De l’autre, ceux qui mettent en avant le devoir d’être aux côtés des manifestants, sur le terrain.
« Leur colère est légitime »
Le président, Stéphane Roudaut, a d’emblée fustigé l’attitude de certains conseillers : Je suis très critique à l’égard des élus qui cherchent à récupérer le mouvement. À 17 ans, alors qu’on forge sa conscience politique, se voir encadrés par des militants qui en profitent pour se mettre en scène sur les réseaux sociaux est déplorable
. Des attaques qui visent, sans les nommer, les élus de la France Insoumise.
Cécile Beaudouin, conseillère métropolitaine LFI à Brest, répond : Les lycéens ne sont pas idiots. Leur colère est légitime et elle doit être entendue. Il faut être présents à leurs côtés, c’est notre devoir sacré. Nous sommes sur les points de blocage. Pourquoi n’êtes-vous pas sorti de l’hôtel de ville quand ils étaient place de la Liberté ? Nous déplorons les actes de violence tout comme la violence d’État c
ontre les jeunes. Nous avons la responsabilité de les écouter, sur le terrain.
Un affrontement politique qui pose la question de la place de l’élu : sur les barricades
, aux côtés des manifestants ou à distance, avec le devoir de condamner les excès ? Stéphane Roudaut assume sa position : Je respecte le droit de manifester. Je crois en la jeunesse de Brest. Mais on a besoin de condamner ces violences. Avoir des élus qui chantent Tout le monde déteste la police est une inversion des valeurs de notre société.
Prendre le temps de l’écoute ?
Une autre voix se fait entendre, celle de Claire Le Roy, conseillère métropolitaine de Guipavas et présidente de groupe de la gauche métropolitaine : Nous étions nombreux à participer aux manifs cette semaine mais nous ne vous avons pas vu. Nous saluons votre démarche de les réunir, c’est la moindre des choses. La collectivité doit accompagner la jeunesse et prendre le temps de l’écouter.
L’élu communiste brestois Taran Marek rappelle les revendications des manifestants : le remplacement des profs absents, plus de transparence sur Parcoursup, des locaux en bon état : La jeunesse refuse une éducation à deux vitesses. Ne laissons pas les dégradations nous détourner des revendications.
Pourtant, les échanges se sont globalement cristallisés sur les violences envers les policiers, les pompiers et les agents. Aurélie Drivet, conseillère métropolitaine de Brest est applaudie sur ces mots : « La jeunesse n’appartient à aucun parti. Nous continuerons à être disponibles pour le dialogue. Mais aucune revendication ne justifie que l’on blesse, que l’on casse et que l’on brûle.
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