
Ce mercredi 14 octobre 2026, à la veille de l’audience au tribunal de commerce de Lorient (Morbihan), les salariés de la Fonderie se sont succédé pour récupérer leurs effets personnels. Après 60 ans d’existence, leur usine va fermer à Caudan. Le maire, Fabrice Vély, est venu à leur rencontre.
Par Delphine RATHIER-LANDAY
Je pourrais écrire un bouquin, avec pleins de photos…
, ironise Nicolas, ouvrier depuis plus de 20 ans, à la fonderie. Ce mercredi 14 octobre 2026, le parking de la Fonderie de Bretagne, promise à la liquidation, est loin d’être vide. Les 244 salariés ont été invités par la direction locale à récupérer leurs effets personnels laissés dans leur vestiaire.
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L’activité partielle, en place depuis des mois, a éloigné tout le monde de l’usine. Certains salariés n’ont pas travaillé plus 80 jours dans l’année. Les journalistes sont aussi plus nombreux qu’à l’accoutumée. Certains ont quand même demandé à Sébastien d’ouvrir son sac pour en filmer le contenu !
commente Nicolas. On vient marcher sur les cadavres…
Les grèves, les souvenirs…
Les ouvriers évoquent les souvenirs, les grèves… Tu te souviens de Gratte-cul ? !
… Ils s’agacent d’apercevoir le maire de la commune, Fabrice Vély, venir sur le site. Ça fait longtemps qu’on ne vous a pas vu
, tancent-ils. Fabrice Vély ne fuit pas. Notre rôle n’est pas d’être là tous les quatre matins. On a fait ce qu’il fallait à notre niveau,
argumente-t-il. On est bien conscient du potentiel industriel, ce ne sont pas les élus qui ont décidé du sort de la Fonderie.
Les échanges s’apaisent, on retrace les dernières années. Le combat à mener c’était de garder Renault
, résume Fabrice Vély. Tous opinent du chef. En 2013, on travaillait pour six constructeurs automobiles, dont 50 % pour Renault
, rembobine Eric. Renault décide alors de réduire le capacitaire et de faire de Caudan, une usine qui fabriquait à 95 % pour Renault. Ça nous a mis dedans.
À l’heure où les politiques nationaux se gargarisent de souveraineté industrielle, une nouvelle usine ferme en France. L’État n’a rien fait et Renault nous a largués en pleine mer depuis un paquebot, et démer…-toi !
Les naufragés, épuisés, ont dérivé pendant six ans.
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