
Les salariés et leurs proches se sont rassemblés devant le tribunal de commerce de Lorient où la luiquidation de la Fonderie de Bretagne a été actée. La fin d’une saga industrielle de six décennies en pays de Lorient. | THIERRY CREUX / OUEST-FRANCE
Le tribunal de commerce de Lorient (Morbihan) a acté, jeudi 15 octobre 2026, la liquidation de la Fonderie de Bretagne, fondée en 1966. Laissant 244 salariés, amers et en colère, sur le carreau.
Par Pierre WADOUX
lIs peinent à se séparer… Seize heures, sur l’immense parking de la Fonderie de Bretagne. Une centaine de fondeurs. Deux élus, le maire de Lanester (Morbihan) et le député Damien Girard. Dans moins de deux heures, l’usine fondée en 1966, sera définitivement verrouillée. Gardée et sécurisée par une équipe de maîtres-chiens. Un peu plus tôt, les frigos de la cantine ont été vidés. La nourriture a été donnée aux Restos du Cœur.
Par petits groupes, réunis une toute dernière fois, chacun évoque, à sa manière le fiasco de la fonderie et ces soixante années d’aventure industrielle réduite à néant. Une heure plus tôt, dans un silence mortel, assourdissant, la liquidation de la Fonderie de Bretagne – chronique d’une mort annoncée – était actée par le tribunal de Lorient.
« Si Renault et l’État avaient voulu… »
Nous sommes tous soudés, on se connaît tous, nous étions une vraie famille
, souffle Nicolas, membre de l’équipe de nuit de la fonderie. Tous ont œuvré ici, entre vingt, trente ans et parfois un peu plus, dans cette usine qu’ils observent désormais, contraints et forcés, de loin.
C’est dur… pour nous, nos enfants. Nos pères ont travaillé ici, nos enfants aussi, ajoute Michel. C’est aberrant que ça se finisse comme ça
.
Entre impuissance et colère, ces fondeurs savent que le scénario aurait pu être écrit bien autrement. Si seulement Renault avait voulu, si les élus, l’État avaient été assez courageux pour défendre cet outil en parfait état de fonctionnement. L’outil, les compétences et le savoir-faire étaient réels. On s’est battu jusqu’au bout mais on s’est fait bouffer…
« On nous a enfumés »
L’amertume est forte chez ces 244 fondeurs désormais privés d’emploi. Leur arrivée, en voiture, à Lorient vers 13 h avait des allures de cortège funèbre et la liquidation de la fonderie la saveur d’un certificat de décès.
Quand on apprend, au dernier moment, qu’il manquait 10 millions d’euros pour que l’activité perdure et que le fonds de cession (la fiducie) de Renault est aujourd’hui évalué à 11, 5 millions, aurait pu être injecté dans l’outil, on a vraiment les boules, commentent quatre fondeurs. Renault a réussi son coup en décidant de réduire la toile, en prenant tout son temps. Nous avons été enfumés
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