
Une réunion de cirse interministérielle se réunissait hier, dimanche 18 octobre, au lendemain de la mobilisation. © Éric Tschaen /Pool/ABACA
Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, au nom « de la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel », a fait savoir l’Élysée dans un communiqué lundi 19 octobre.
Par la rédaction de l’Huma
Alors que même en Macronie le fiasco du « maintien de l’ordre » pose question – la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet demande la création d’une commission d’enquête – Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, au nom « de la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel », a fait savoir l’Élysée dans un communiqué lundi 19 octobre. Ce n’est pas la première démission sur laquelle surfe le président pour affirmer ses positions : en octobre 2025, il avait accepté celle de Sébastien Lecornu à peine nommé à Matignon avant de le désigner à nouveau comme premier ministre dans la foulée.
Ce dimanche, lors d’une allocution à 20 heures, le président de la République n’a apporté aucune réponse – si ce n’est de nouvelles concertations et la mise en cause du droit de manifester – aux mobilisations qui ont réuni jusqu’à 800 000 personnes le 17 octobre et en marge desquelles ont eu lieu les violences et dégradations.
« De nouveaux modes d’action en matière de lutte contre les casseurs »
À nouveau sans un mot pour les lycéens victimes de violences policières les jours et semaines précédents, le Palais a également annoncé ce lundi que le chef de l’État a de nouveau réclamé de la « transparence », pointant « les défaillances d’anticipation et de renseignements » qui ont conduit aux destructions du week-end.
Emmanuel Macron a également demandé au ministre de l’Intérieur de déployer « au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action (…) en matière de lutte contre les casseurs ». Laurent Nuñez, dont la démission était demandée à gauche après une stratégie de répression violente et l’autorisation de l’usage d’armes mutilantes, est attendu à Marseille où le maire Benoît Payan a vivement critiqué le dispositif de sécurité samedi.
Son déplacement dans la cité phocéenne a finalement été annulé, mais le ministre était ce lundi au micro de France inter, pour un semblant de mea-culpa sur « un manque d’anticipation sur les forces disponibles » pour encadrer les mobilisations. « J’ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe », a-t-il affirmé, estimant que « la situation n’est pas hors de contrôle » tout en reconnaissant qu’il « y a eu une perte de contrôle » dans certaines villes. Pas de regrets en revanche à l’égard des manifestants victimes de la répression depuis des semaines alors que des dizaines d’enquêtes de l’IGPN ont été ouvertes suite aux mutilations de nombreux mineurs.
Au même moment, le locataire de la place Beauvau pouvait compter sur le soutien de son collègue de la Justice : « C’est un grand ministre de l’Intérieur. Je suis heureux de continuer avec lui », a déclaré Gérald Darmanin sur France 2, jugeant qu’il « y a eu un défaut dans les renseignements, il faut savoir ce qui a dysfonctionné ». De quoi alimenter un contre-feu au fiasco de la stratégie du pourrissement choisie par l’exécutif.
De son côté, le premier ministre Sébastien Lecornu doit tenir à partir de 10 heures une cellule interministérielle de crise qui portera sur trois volets, « économie-commerce », « assurance » et « suivi judiciaire », selon Matignon. À partir de 9 heures, des commerçants, distributeurs, hôteliers et restaurateurs, ainsi que les banques et assurances sont par ailleurs attendus à Bercy pour faire le point sur l’ampleur des dégâts matériels.
URL de cet article : https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=111010&action=edit
Article suivant:
Article précédant :
