
Le député Insoumis Pierre-Yves Cadalen accompagné de son avocat brestois, Me David Rajjou, ce jeudi 22 octobre 2026, au sortir du tribunal de Brest : « Le juge a reconnu le caractère injurieux des propos et l’atteinte à mon honneur, c’est l’essentiel. » | OUEST-FRANCE
Poursuivi pour diffamation par le député Insoumis de Brest Pierre-Yves Cadalen, le président divers droite du Conseil départemental du Finistère, Maël de Calan, a été relaxé, ce jeudi 22 octobre 2026 par le tribunal de Brest. Le juge Xavier Jublin a néanmoins reconnu que ses propos qui tenaient de « l’insulte » avaient « porté atteinte à l’honneur du député ».
Par Frédérique GUIZIOU
La France Insoumise est un parti factieux, violent et antisémite […] Et je pense que Pierre-Yves Cadalen est factieux et antisémite.
Voilà les propos tenus fin 2024, par Maël de Calan, président divers-droite du conseil départemental du Finistère, lors d’une émission diffusée sur la chaîne locale Tébéo. Des propos pour lesquels le député insoumis Pierre-Yves Cadalen avait porté plainte pour diffamation.
De l’injure, pas de la diffamation
Le tribunal de Brest a statué sur le fond et relaxé Maël de Calan, tout en le débutant de sa demande de condamner Pierre-Yves Cadalen à payer 10 000 € pour « procédure abusive ». Dire que Pierre-Yves Cadalen est antisémite et factieux relève de l’injure mais pas de la diffamation,
argumente le juge Xavier Jublin. C
ette opinion est une analyse intellectuelle qui participe au libre débat d’idées. Si sa pertinence peut être critiquée et discutée, elle ne caractérise pas l’infraction de diffamation.
En portant plainte pour faire valoir ses droits
, le député LFI n’a pas agi de mauvaise foi
estime encore le juge. Le tribunal a reconnu le caractère injurieux des propos, l’atteinte à mon honneur, c’est essentiel,
réagit Pierre-Yves Cadalen. Et Maël de Calan a été débouté de ses demandes excessives.
Une victoire pour la liberté d’expression
Une victoire pour la liberté d’expression que, dans le Finistère comme partout en France, LFI cherche à bâillonner en faisant taire ceux qui osent parler »,
se « réjouit » Maël de Calan. Un dirigeant politique ne peut pas s’exonérer de toute responsabilité quant aux dérives de son parti.
Parler de « victoire » est infondé,
le tribunal ne s’est pas prononcé sur l’idéologie,
contredit Me Raphaël Kempf, l’avocat parisien du député. Malgré les dizaines de pièces produites par la défense de Maël de Calan, qui a l’habitude de combattre ses adversaires politiques en les salissant, aucune n’a prouvé que Pierre-Yves Cadalen était « factieux » et « antisémite ».
Avant un éventuel appel, les avocats du député vont faire une analyse complète de ce jugement. Pierre-Yves Cadalen annonce déjà continuer la bataille politique
: Maël de Calan n’en a pas fini avec la justice car Marine Tondelier et Olivier Faure portent aussi plainte contre lui pour des injures similaires,
continue Pierre-Yves Cadalen. Insulter les gens en les traitant d’antisémites affaiblit la lutte contre l’antisémitisme et tous les racismes. C’est totalement irresponsable.
Pente autoritaire
Je n’ai jamais dit qu’ils étaient antisémites,
s’est défendu Maël de Calan à la sortie du tribunal. J’ai critiqué leur attitude ambiguë envers la France Insoumise : un jour, ils dénoncent ses propos et un autre, envisagent de s’allier avec ce mouvement violent. Que je continuerai à combattre.
Et le terme » factieux », qui désigne un groupe qui « provoque des révoltes ou mène une opposition violente pour ébranler le pouvoir établi » ? Il renvoie à une pente autoritaire de la droite dont Maël de Calan est le responsable local,
conclut Pierre-Yves Cadalen. Cette pente autoritaire se manifeste partout en France aujourd’hui, jusqu’à Gérard Larcher qui demande la dissolution de la France Insoumise.
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