
La préfecture de police a validé le parcours proposé par la CGT, entre la place de la Bastille et celle de la Nation.© Jean Pierre Nguyen Van Hai Barbier/ABACAPRESS.COM
De Paris à Lille, en passant par Marseille et Reims, les annonces concernant les mobilisations du samedi 24 octobre tombent une à une ainsi que les interdictions puisque les préfectures ont toute la latitude pour interdire ou autoriser des manifestations, « l’Humanité » fait le récap’.
Par la redaction de l’Huma
Le président de la République, Emmanuel Macron, souhaite « qu’il n’y ait pas de manifestation » et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes, dont « des unités d’élite comme le RAID, le GIGN ou la BRI ». Malgré la répression, plusieurs mobilisations sont annoncées à travers la France. Interdictions totales ou localisées, autorisations de dernière minute, changements de parcours… l’Humanité fait le point :
À Paris, la préfecture de police avait validé le parcours proposé par la CGT, entre la place de la Bastille et celle de la Nation. Le cortège devait s’élancer à 14 heures, puis empruntera la rue de Lyon, l’avenue Daumesnil, la place Félix-Éboué, le boulevard de Reuilly, puis le boulevard Picpus, jusqu’à la place de la Nation. Mais la préfecture a unilatéralement changé le parcours ce vendredi après-midi pour une marche entre la Porte de Vincennes et la Porte d’Italie. Impossible à sécuriser répond l’intersyndicale qui le refuse. La préfecture cherche-t-elle a empêché toute manifestation parisienne ?
À Lyon, la préfecture du Rhône a décidé d’interdire « les cortèges, défilés, attroupements et rassemblements à caractère revendicatif sur la voie publique » samedi 24 octobre, de 10 heures à 23 heures, dans plusieurs quartiers. L’arrêté prévoit un périmètre qui comprend la Presqu’île de Lyon, le quartier du Vieux-Lyon et l’ensemble des 3ᵉ et 6ᵉ arrondissements.
À Marseille, une manifestation – la seule dans le département des Bouches-du-Rhône – a été autorisée « à titre dérogatoire », a annoncé vendredi la préfecture, après avoir interdit la veille tout rassemblement. Des échanges avec les organisations syndicales ont convaincu la préfecture d’autoriser un défilé à Marseille qui s’élancera, à partir de 14 heures, des Réformés, en haut de la Canebière. Les transports en commun circuleront « comme à l’accoutumée », après l’abandon de la suspension de leur service.
À Toulouse, un accord a été trouvé entre les syndicats et la préfecture. Le cortège partira, à 14 heures, des allées Jean-Jaurès, avant d’emprunter les berges du canal, la rue Sébastopol, le boulevard Lascrosses, la place Héraclès, le pont des Catalans, puis les allées Charles-de-Fitte et Saint-Cyprien.
À Lille, la préfecture du Nord a interdit « tout rassemblement et manifestation, dans un périmètre déterminé couvrant le centre-ville de Lille, en vigueur le samedi 24 octobre 2026 de 7 heures à 22 heures ».
À Limoges, les rassemblements de plus de dix personnes seront par ailleurs interdits dans un large périmètre de la ville de samedi à 7 heures jusqu’à dimanche à 5 heures a annoncé, vendredi, la préfecture de la Haute-Vienne dans un communiqué.
À Tulle, « la manifestation déclarée par SUD-Éducation est interdite », a confirmé le préfet de la Corrèze, Vincent Berton. Ce dernier a pris plusieurs arrêtés en prévision de la mobilisation du samedi 24 octobre, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. Les rassemblements non déclarés sont également illégaux et « pourront faire l’objet de dispersions et de verbalisations ».
À Reims, les rassemblements non déclarés « dans un périmètre du centre-ville » ont été interdits de 7 heures à minuit. Dès lors qu’aucune déclaration n’a été faite, les forces de sécurité intérieure seront à nouveau mobilisées samedi, a ajouté la préfecture de la Marne.
À Pau et Bayonne, des rassemblements dans certains secteurs ont été interdits par le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Simon Fetet. Ces interdictions viseront les espaces où de « graves désordres ont été constatés » au cours de la semaine précédente. « Aucune déclaration de manifestation n’a été reçue dans les délais prévus », a estimé la préfecture.
À Besançon, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a interdit tout rassemblement sur la voie publique samedi 24 octobre, de 9 heures à minuit, dans le centre-ville. La décision fait suite à des appels à manifester diffusés sur les réseaux sociaux, alors qu’« aucune déclaration de manifestation n’a été déposée en préfecture ».
À Nîmes, aucune manifestation ne sera autorisée. La préfecture du Gard a finalement décidé d’interdire les mobilisations de samedi, après les avoir autorisées ce vendredi matin et justifie cette décision par l’absence de garanties de l’organisateur: les Jeunesses communistes du Gard… « Je prends acte de la décision de l’Etat d’interdire demain toute manifestation à Nîmes après avoir initialement déclarée le parcours validé jusqu’à ce midi », a réagit le maire de la ville, Vincent Bouget (PC).
À Bourges, les rassemblements sont interdits dans le centre-ville samedi de 6 heures à 23 heures. C’est le préfet du Cher qui a pris vendredi un arrêté afin de prévenir d’éventuels « troubles à l’ordre public ».
À Grenoble, la préfecture de l’Isère a interdit tout rassemblement, attroupement, manifestation ou cortège dans plusieurs secteurs du centre-ville de Grenoble, du jeudi 22 octobre à 6 heures au dimanche 25 octobre à 6 heures, selon un arrêté.
À Clermont-Ferrand, la préfecture du Puy-de-Dôme a annoncé ce vendredi l’interdiction de « tout regroupement ou rassemblement dans le centre-ville », du samedi 24 octobre à 6 heures au dimanche 25 octobre à 6 heures. « Un rassemblement statique en dehors de ce périmètre pourrait être autorisé », a toutefois précisé l’administration.
À Mulhouse,les manifestations sont également interdites dans le centre-ville selon un arrêté de la préfecture du Haut-Rhin. La mesure s’appliquera samedi, de 6 heures à 23 heures.
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