
Ce vendredi 23 octobre 2026, l’intersyndicale avait engagé un référé-liberté contre l’arrêté du préfet du Finistère qui interdit les manifestations dans le centre-ville de Brest et Quimper, samedi 24 octobre. La justice a rejeté la requête.
Par Raphaël OUPTIER
Pour éviter les débordements qui se sont produits en marge des manifestations du samedi 17 octobre, Louis Le Franc, préfet du Finistère, a pris un arrêté, jeudi 22 octobre 2026, pour interdire toute manifestation, samedi 24 octobre 2026, dans le centre-ville des communes de Brest et de Quimper
.
Vendredi 23 octobre, d’après une information du Télégramme que nous sommes en mesure de confirmer, l’intersyndicale FSU, CGT et Solidaires, soutenue par le syndicat des avocats de France (SAF) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a engagé, auprès du tribunal administratif de Rennes, un référé-liberté contre l’arrêté préfectoral. Une procédure d’urgence finalement rejetée par le tribunal.
Ça constitue un obstacle à la liberté fondamentale de manifester
, réagit Fayçal Kalaf, représentant du SAF, qui regrette une hystérisation du débat sur la sécurité publique
. On a des juges sous pression ou influencés par les débats médiatiques . Pour justifier d’interdire une manifestation à venir, on se base sur ce qui s’est déjà passé, pointe l’avocat. Depuis une semaine, on répète qu’on n’a pas anticipé, qu’on a sous-dimensionné le dispositif. Plutôt que de l’adapter, on préfère interdire…
Des parcours annoncés, puis retirés
Quelques heures avant la décision du tribunal administratif, FSU et Solidaires avaient déposé deux parcours, à Quimper et à Brest. En les déclarant, on devient organisateur. On doit le faire pour sécuriser un maximum les manifestants
, indique Florent Martinie, représentant de la FSU, qui explique vouloir éviter les tensions
avec les forces de l’ordre. Avec ces parcours assez classiques
, les organisateurs faisaient le choix d’éviter de passer devant le commissariat de Brest, qui avait été pris pour cible par des casseurs le 17 octobre.
Déposés vendredi vers 16 h, dans l’hypothèse où le juge aurait cassé l’arrêté préfectoral, les tracés ne respectaient toutefois pas le délai obligatoire de trois jours pour déclarer une manifestation sur la voie publique. L’idée n’était pas de faire un pied de nez au préfet, assure Florent Martinie. Nous voulions simplement éviter les tensions.
FSU et Solidaires n’appelaient à manifester qu’en cas d’autorisation de la justice. À défaut, l’intersyndicale envisageait, ce vendredi soir, d’organiser des rassemblements « fixes », à Brest et Quimper, en dehors du périmètre d’interdiction, défini par l’arrêté préfectoral.
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