Manifestations du 24 octobre dans les Côtes-d’Armor : chiffres, revendications, suite du mouvement… Les infos à retenir (OF.fr-24/10/26)

Plus de 700 personnes (650 d’après les forces de l’ordre et un millier selon les organisateurs) ont défilé dans les rues de Guingamp contre l’austérité, samedi 24 octobre 2026. | OUEST-FRANCE

Malgré une participation en baisse et une météo peu clémente, des milliers de personnes ont de nouveau défilé, sans heurts, ce samedi 24 octobre 2026, à Saint-Brieuc, Guingamp, Dinan, Lannion et Lamballe (Côtes-d’Armor). Pouvoir d’achat, éducation et libertés restent toujours au cœur des revendications, tandis qu’un troisième acte est annoncé le 31 octobre.

Par Soizic Quéro, Pauline Launay, Lucie Pelé, Marion Fiault et Sofia Goudjil, avec Léa Coupau.

En moindre nombre, mais en nombre tout de même. Des milliers de personnes – 2 970 selon la préfecture – ont à nouveau défilé à Saint-Brieuc, Guingamp Dinan, Lannion et Lamballe (Côtes-d’Armor), ce samedi 24 octobre 2026. Toutes ont répondu à l’appel de la poursuite de la mobilisation nationale lancée le 17 octobre dernier contre la vie chère. D’une semaine à l’autre, les revendications n’ont pas changé – pouvoir d’achat, éducation… Comme samedi 17 octobre, les rassemblements, sous haute surveillance, avec des forces de l’ordre à distance, se sont tous déroulés dans le calme. Aucune interpellation n’a été faite, informent les services de la préfecture.

Lire aussi : Manifestations du 17 octobre. « Un ras-le-bol général » : retour sur les faits marquants en Côtes-d’Armor

À Lannion, une AG en attendant la cuisson des frites

La journée a débuté du côté de Lannion. À 10 h, entre 570 et près de 700 manifestants, selon les sources, ont fait le tour des quais et ont retrouvé l’AFPS Trégor, qui appelait à se mobiliser pour la Palestine, à 11 h.

Parmi les marcheurs, faute de rassemblement à Paimpol, un couple de parents de lycéens est venu défendre la jeunesse » et « dénoncer l’immense répression et le silence de Macron. Alors que tout le monde a quitté les lieux, un cortège d’une soixantaine de personnes a rejoint à pied, vers midi, le rond-point de Bel-Air à Ploulec’h, où s’est organisée une assemblée générale.

Sous la pluie battante et le vent, en attendant la cuisson des frites avec l’aide du collectif Vagues des Terres, les manifestants ont acté deux nouveaux rendez-vous : le 31 octobre à Lannion, puis, en parallèle de l’appel à la grève nationale, le 5 novembre.

Durant toute la matinée, une seule voiture de police était présente à Bel-Air. Les forces de l’ordre étant quasiment absentes, il n’y a pas eu de confrontation.

La manifestation du 24 octobre 2026 sur les quais de Lannion. | OUEST-FRANCE

À Lamballe, « être dans la rue pour la liberté, l’égalité et la fraternité »

Dans le même temps, une vingtaine de personnes s’est réunie devant l’hôtel de ville de Lamballe, répondant à l’appel de l’Union locale de la CGT. Dans l’assemblée, Aline, assistante administrative au Département, dénonce les interdictions de rassemblement : C’est encore plus important d’être dans la rue pour revendiquer la liberté, l’égalité et la fraternité. Mais le plus gros de la mobilisation s’est concentré dans l’après-midi.

À Guingamp, la mobilisation de la fois passée est « restée »

Dès 14 h, ils étaient environ 200, place du Vally à Guingamp. Un chiffre qui finira par grossir jusqu’à 700, selon notre comptage, voire un millier d’après le Collectif guingampais contre l’austérité. Les forces de l’ordre ont, elles, recensé 650 manifestants.

On espérait que la mobilisation reste. Déjà, la semaine dernière, on avait été surpris, entre 1 200 et 2 000 personnes avaient alors battu le pavé.

Plus de 700 personnes (650 d’après les forces de l’ordre et un millier selon les organisateurs) ont défilé dans les rues de Guingamp contre l’austérité, samedi 24 octobre 2026. | OUEST-FRANCE

Le défilé a évité le centre-ville pour passer dans le quartier du Rustang et de Cadolan, où le rond-point du centre E. Leclerc a été bloqué un instant. Le cortège s’est ensuite rendu près de la gare et a rejoint la rue de la Trinité avant de retrouver le Vally.

À l’issue de la mobilisation, un groupe d’une vingtaine de manifestants est retourné bloquer le rond-point du centre E. Leclerc, de quoi créer d’importants ralentissements, avant d’être délogé sans violence ni résistance par les forces de l’ordre.

Le collectif appelle à se mobiliser à nouveau, samedi 31 octobre, contre la venue de l’eurodéputée Reconquête ! Sarah Knafo, à Pléguien. À Guingamp, une manifestation est prévue le 5 novembre, date de la mobilisation intersyndicale nationale.

À Dinan, « nous sommes inquiets pour nos libertés »

Du côté de Dinan, 300 personnes se sont réunies, à 14 h, place de la Résistance, pour faire entendre leurs voix. Je soutiens le mouvement lycéen, témoigne, Céline 50 ans. Il faut remettre l’argent dans le social etc., pas dans la répression, prône Pauline, 40 ans. Les revendications sont variées, les profils le sont tout autant. Pendant près de deux heures, le cortège comportant des lycéens, retraités, citoyens, quelques élus a défilé au rythme de la batucada et de plusieurs chants militants. Après des tours de rond-point, le cortège a pris la direction du centre historique.

La mobilisation a été moins nombreuse qu’espérée. Les intempéries ont réduit nos rangs, estime Julie, 31 ans. Pour sa mère, Sandrine, 54 ans, la responsabilité incombe plutôt aux politiques : À force de nous assimiler aux casseurs, c’est peu encourageant. Un sentiment partagé par beaucoup. Quand est-ce qu’ils se poseront les bonnes questions au lieu de nous diviser, interpelle, Pascal, 69 ans. Non loin, Benoît 53 ans, brandit une pancarte « Liberté », c’est celle que j’ai peur de perdre, tout comme celle de manifester.

Non déclarée en préfecture, la mobilisation, qui n’était pas organisée par les syndicats, s’est déroulée dans le calme, encadrée par les forces de l’ordre.

À Saint-Brieuc, la manifestation écartée du centre-ville

Pour cet acte II, la manifestation était un peu moins suivie à Saint-Brieuc, par rapport à la semaine dernière : 1 400 personnes selon la police, 4 000 selon les syndicats (entre 2 700 et 5 000, le 17 octobre). La préfecture ayant interdit de défiler dans le centre-ville, les syndicats ont défini un autre itinéraire au départ de la place de la Liberté, passant par la rue de Gouédic, le pont d’Armor, l’avenue Corneille et la rue Lafayette.

Pour cet acte II, la manifestation était un peu moins suivie à Saint-Brieuc, par rapport à la semaine dernière : 1 400 personnes selon la police, 4 000 selon les syndicats (entre 2 700 et 5 000, pour le 17 octobre). | OUEST-FRANCE

Capuches et parapluies étaient de rigueur dans le cortège, qui a manifesté pacifiquement. Beaucoup étaient là pour soutenir le mouvement lycéen et étudiant.

Lors du retour au point de départ, environ 250 personnes, d’après l’estimation de la préfecture, dont des antifascistes, ont pris le chemin du centre-ville, pour rejoindre la préfecture. Deux face-à-face se sont enchaînés avec les policiers, en haut de la rue de Gouédic et à l’entrée de la place de-Gaulle, où se trouve la préfecture. Les gendarmes du Psig sont venus prêter main-forte. Il n’y a pas eu d’affrontement jusqu’à la dissolution, vers 17 h 15, du noyau dur d’une cinquantaine de personnes.

Des commerçants du centre-ville, prévenus par la police, avaient rentré leurs terrasses. Le magasin de chaussures de sport Foot Locker avait recouvert sa vitrine de plaques de contreplaqué pour se protéger.

Comme ailleurs dans le département, un appel à la mobilisation a été lancé pour le 31 octobre, date de l’acte III.

source: https://www.ouest-france.fr/societe/manifestation/manifestations-du-24-octobre-dans-les-cotes-darmor-chiffres-revendications-suite-du-mouvement-les-infos-a-retenir-dfdc4e84-cf85-11f1-95ba-26d2045f6620

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